T’as vu passer les annonces ? Jack Dorsey, le CEO de Block (ex-Square), vire 4 000 personnes, soit 40 % de ses effectifs. La raison officielle : l’IA. Ocado, le supermarché en ligne britannique, coupe 1 000 jobs. La raison officielle : encore l’IA. Deux entreprises, deux secteurs, un même bouc émissaire parfait. Mais si tu grattes un peu, tu découvres vite que l’intelligence artificielle, ici, elle sert surtout à masquer des problèmes bien plus terre-à-terre.
Commençons par Dorsey. Dans sa lettre aux actionnaires, le mec sort la grande artillerie : les avancées en IA « ont changé ce que signifie construire et diriger une entreprise ». Wow. Sauf que si tu lis entre les lignes — ou juste la suite de l’article du Guardian —, tu tombes sur des détails croustillants : un marché crypto en berne, une surcharge de personnel, et une action qui dégringole depuis des mois. L’IA, dans cette histoire, c’est le paravent idéal. Ça fait futuriste, ça impressionne les analystes, et ça évite de dire « on a merdé en embauchant trop vite pendant la hype crypto ».
Même son de cloche chez Ocado. Les analystes cités par la BBC admettent que l’IA a boosté leurs concurrents, mais ils parlent aussi d’autres facteurs — comme, je cite, « d’autres éléments entrent en jeu ». Traduction : peut-être que leur modèle économique est à la ramasse, que la logistique coûte un bras, ou que la concurrence est féroce. Mais bon, blâmer l’IA, c’est plus vendeur. Ça donne l’impression qu’ils sont à la pointe de la technologie, même quand ils coupent dans le personnel.
Le vrai problème, c’est cette tendance à utiliser l’IA comme excuse universelle pour des décisions managériales douteuses. Dorsey, avec ses 4 000 licenciements, il pourrait au moins assumer. Au lieu de ça, il sort un discours sur « l’avenir du travail » qui sent le bullshit à dix kilomètres. L’IA n’a pas magiquement rendu 40 % de ses employés inutiles du jour au lendemain. C’est une combinaison de mauvaise gestion, de marché pourri, et d’une volonté de faire plaisir aux actionnaires en réduisant les coûts.
Et Ocado ? Même jeu. L’IA devient le bouc émissaire commode pour éviter de se remettre en question. Pendant ce temps, des vrais emplois partent en fumée, et les patrons s’en lavent les mains avec un jargon techno. C’est du vent, et c’est dangereux. Ça donne une mauvaise image de l’IA — alors que dans plein de cas, elle pourrait créer des emplois ou améliorer les conditions de travail, plutôt que de servir d’alibi pour des coupes budgétaires.
Alors, la prochaine fois que tu vois un CEO blâmer l’IA pour des licenciements massifs, pose-toi la question : est-ce vraiment la tech qui est en cause, ou est-ce juste un prétexte pour cacher des erreurs stratégiques ? C’est souvent la deuxième option. L’IA n’est pas un tueur d’emplois — c’est un outil. Et comme tout outil, c’est la façon dont on l’utilise qui compte. Ici, on dirait qu’on l’utilise surtout pour faire passer la pilule.
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