Les robots livreurs de Sunderland, ou comment vendre du vieux pour du neuf

T’as vu passer l’info ? À Sunderland, une ville du nord-est de l’Angleterre, des robots autonomes débarquent pour livrer tes sushis et tes pizzas. La BBC nous explique, avec tout le sérieux britannique, que c’est un « essai » lancé par un « grand détaillant alimentaire en ligne ». Traduction : un acteur du type Deliveroo ou Uber Eats a posé deux-trois engins sur les trottoirs et appelle ça une révolution. Je me marre.

Parce que, crois-moi, ces robots-livraison, c’est pas nouveau. Starship Technologies les teste depuis 2014, d’autres boîtes comme Nuro ou Kiwibot traînent dans le paysage depuis des années. Sunderland, c’est juste le dernier terrain de jeu pour un concept qui peine à décoller au-delà des campus universitaires ou des quartiers riches. L’annonce, elle, est nickel : « Des robots autonomes pour aider les résidents ! » Sauf que si tu vis en banlieue pavillonnaire ou dans une zone mal desservie, bonne chance pour voir une de ces boîtes sur roues débarquer chez toi. C’est du théâtre pour geeks, pas une solution logistique.

Et puis, parlons du vrai sujet : les travailleurs. La BBC pose la question « Ces robots vont-ils aider ou entraver les travailleurs ? » La réponse, elle est dans la question. Quand un robot livre, un livreur humain ne livre pas. C’est pas de la philosophie, c’est des maths basiques. Les promesses ? « Réduire les coûts, améliorer l’efficacité. » La réalité ? Des plateformes qui cherchent à squeezer encore un peu plus la marge, quitte à remplacer des jobs précaires par de la tech à moitié fiable. Je dis à moitié, parce que ces robots, ils se plantent encore régulièrement : intempéries, obstacles imprévus, batteries qui lâchent… Sans compter les vols ou les vandalismes. Le rêve de l’automatisation totale, il est encore loin.

Le côté « sécurité » ? On en parle ? Ces engins roulent sur les trottoirs, partagent l’espace avec des piétons, des poussettes, des personnes à mobilité réduite. À Sunderland, les résidents « accueillent favorablement » l’essai, d’après la BBC. Ouais, peut-être les premiers jours, quand c’est une curiosité. Attends qu’un robot bloque un passage ou cause un accrochage, et on verra si l’enthousiasme reste le même. Les régulations, elles, sont encore floues – comme souvent avec la tech qui devance la loi.

Alors, est-ce que ça vaut le coup d’en parler ? Oui, parce que c’est symptomatique d’un secteur qui aime bien lancer des pilotes médiatiques pour masquer l’absence d’innovation réelle. C’est du rebranding de vieilles idées, emballées dans un communiqué de presse qui fait futuriste. Le jour où ces robots livreront à grande échelle, de façon fiable et sans casser l’économie locale, on en reparlera. En attendant, à Sunderland, ils ont surtout gagné un joli coup de pub.

Ces robots, ils sont peut-être autonomes, mais ils sont surtout autonomes de bon sens.


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