Sora, le pétard mouillé d’OpenAI

Tu te souviens de Sora, l’outil de génération vidéo hyper-réaliste qui devait révolutionner les médias et que Disney avait embarqué à coups d’un milliard de dollars ? Eh bien, oublie-le. OpenAI vient de l’envoyer au cimetière des features mortes, et avec lui, le deal du siècle. C’est officiel depuis hier soir : « We’re saying goodbye to Sora », un post X léché comme d’habitude pour enterrer un échec monumental.

Le timing est savoureux. À peine six mois après le lancement en grande pompe de l’appli standalone, où tu pouvais scroller dans un feed social de vidéos générées par IA, et quelques semaines après que Disney ait aligné un milliard pour une licence exclusive, Sam Altman tire la chasse. Le Wall Street Journal a craché le morceau en premier : le boss a informé son staff que Sora, l’app, et le partenariat Disney, c’était fini. La raison officielle ? Un « recentrage stratégique » sur les produits cœur, comme les outils de code et les clients corporate. En vrai, personne n’a jamais vraiment utilisé ce truc.

TechCrunch résume bien le truc : « Sora 2, le modèle sous-jacent, est techniquement impressionnant, mais il n’y a pas eu d’intérêt soutenu pour un feed social uniquement alimenté par de l’IA. » Traduction : c’était une idée de merde. Les gens aiment créer des vidéos avec de l’IA, oui. Mais scroller dans un flux infini de deepfakes générés par des inconnus ? Aucun putain de sens. C’est le genre de concept qui naît dans une salle de réunion à San Francisco, loin de toute réalité humaine. Et Disney, qui a versé un milliard pour ça, doit se sentir aussi con qu’un investisseur de Theranos.

Mais ne pleure pas trop pour OpenAI. Cette annonce tombe pile avant leur IPO prévue dans les mois à venir. Un produit qui bouffe des ressources monstrueuses en compute, avec un modèle vidéo qui coûte une blinde à chaque génération, et qui ne rapporte rien ? Dans le contexte d’une introduction en bourse, c’est un boulet. Mieux vaut le jeter par-dessus bord et faire croire à un « pivot stratégique » que d’expliquer aux actionnaires pourquoi tu continues à cramer du fric dans un jouet sans utilisateurs.

Et puis, regarde la trajectoire. Sora, lancé fin 2024, annoncé comme le truc qui allait tuer Hollywood. Disney embarque début 2025 avec un chèque géant. Six mois plus tard, c’est le couperet. Ça sent le test raté, la hype mal placée, et le retour aux fondamentaux parce que les chiffres sont catastrophiques. OpenAI a-t-il surestimé l’appétit pour de la vidéo IA pure player ? Ou est-ce juste un autre exemple de leur incapacité à transformer un modèle impressionnant en produit viable ? Peut-être un peu des deux.

Le plus drôle, c’est que le modèle Sora 2, lui, reste probablement vivant quelque part dans leurs labos. Ils ne vont pas jeter la tech. Mais l’app, le feed social, le partenariat Disney — tout ça part à la poubelle. C’est le cycle classique de la Silicon Valley : lance un truc avec un maximum de bruit, lève des fonds ou signe des deals sur la hype, constate que personne n’en veut, et pivote en silence avant que ça ne pète à la gueule. Sauf qu’ici, c’est pas une petite startup, c’est OpenAI, valorisé à des centaines de milliards, et c’est pas un petit partenaire, c’est Disney.

Alors, la prochaine fois qu’Altman te parlera d’une révolution imminente, rappelle-toi de Sora. Un milliard de dollars, six mois de vie, et un adieu sur X. La seule chose qui a vraiment « matter », comme ils disent, c’est probablement le chèque de Disney. Et encore, à en croire les rumeurs, il serait déjà partiellement remboursé ou transformé en crédits API. Bref, un énième feu de paille dans le paysage de l’IA, où les annonces tonitruantes cachent souvent des réalités décevantes.

Et maintenant, on se recentre sur le code et les entreprises. Jusqu’à la prochaine lubie.


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