Alors voilà. Tu te souviens de ce moment où Dario Amodei, le patron d’Anthropic, publiait des essais de 20 000 mots sur les risques existentiels de l’IA, tout en levant 10 milliards et en piratant des bibliothèques en torrent ? Le même mec qui fait du safety-washing en grande pompe, mais qui, au final, joue la même course aux armements que les autres. Eh bien, cette dissonance cognitive vient de prendre une tournure légale absolument savoureuse.
Cette semaine, dans un tribunal de Californie du Nord, la juge fédérale Rita Lin a accueilli les représentants du Pentagone et d’Anthropic avec une question simple : « Mais en fait, vous êtes en train d’essayer de tuer cette boîte, c’est ça ? »
Le contexte ? Anthropic a refusé catégoriquement que ses modèles Claude soient utilisés pour la surveillance de masse ou les armes autonomes létales. Réaction du Pentagone, sous l’administration Trump : désigner Anthropic comme un « risque pour la chaîne d’approvisionnement », ce qui interdit à toutes les agences gouvernementales et à leurs sous-traitants d’utiliser leurs outils. Traduction : couper les vivres à une entreprise qui dépend en partie des contrats publics. Anthropic estime les pertes à « des centaines de millions, voire plus ».
La juge Lin, visiblement peu convaincue par la rhétorique sécuritaire du Département de la Défense, a qualifié la manœuvre de « troublante » et évoqué une possible violation de la liberté d’expression. Dans les couloirs, on parle même d’« tentative de meurtre corporatif ». Pas mal pour une audience préliminaire sur une injonction temporaire.
Ce qui est drôle, c’est de voir Anthropic jouer les vierges effarouchées. Toi qui refusais de vendre ton IA pour des drones tueurs, tu cries maintenant au loup parce que l’État te retire ses sous. La posture éthique, c’est bien, jusqu’à ce que ça coûte cher. Rappelle-toi : c’est la même boîte qui ignore ses propres évaluateurs de sécurité pour déployer des modèles borderline, tout en publiant des papiers académiques sur l’alignement. Le safety-washing, ça marche aussi dans l’autre sens : quand tu te fais attaquer, tu sors ton drapeau blanc moral.
Pendant ce temps, le sénateur Elizabeth Warren commence à s’en mêler, et le soutien à Anthropic grandit. Parce que bon, même si leur hypocrisie est palpable, l’idée que le Pentagone puisse étouffer une entreprise pour des raisons politiques, ça fait tiquer. Surtout quand le président en exercice, Donald Trump, a personnellement ordonné le boycott.
La juge Lin doit rendre sa décision « dans les prochains jours ». Si elle accorde l’injonction, Anthropic respirera un peu. Sinon, on va assister à une belle démonstration de comment une « entreprise responsable » peut se faire démolir par ceux-là mêmes qu’elle voulait éviter de servir.
Au fond, cette histoire résume tout le secteur : tout le monde joue un rôle. Anthropic joue les chevaliers blancs, le Pentagone joue les gros bras, et le tribunal essaie de démêler le vrai du bullshit. La seule certitude ? Les enjeux sont colossaux, et les principes, souvent, plient devant l’argent ou le pouvoir.
Et Dario, dans tout ça ? Il doit être en train d’écrire un nouvel essai sur les risques existentiels… des poursuites judiciaires.
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