David Sacks vient de jeter l’éponge. Après des mois à jouer les éminences grises dans l’ombre de Trump, le milliardaire de la tech a annoncé jeudi qu’il quittait son poste de conseiller spécial sur l’IA et les crypto à la Maison Blanche. Fini les briefings à Washington, les réunions stratégiques et les promesses de régulation light-touch. Sacks retourne à ses premières amours : le venture capital et les dîners entre potes de la Valley.
L’info n’est pas une surprise pour ceux qui suivent le secteur. Depuis sa nomination, Sacks a surtout brillé par son absence de résultats tangibles. Son mandat, c’était un mélange de déclarations tonitruantes (« Laissez faire l’innovation ») et de vagues promesses de dérégulation. En pratique, la politique IA de l’administration Trump ressemble à un PowerPoint oublié sur un serveur SharePoint. Des annonces, des tweets, des meetings, mais au final, pas grand-chose qui change la donne pour les acteurs du secteur.
Le vrai scoop, c’est pas que Sacks parte. C’est qu’il soit resté aussi longtemps. Le mec a passé des mois à faire la navette entre San Francisco et D.C., à jouer au diplomate entre les bureaucrates de Washington et les entrepreneurs de la Valley. Un boulot ingrat, surtout quand ta seule ligne politique c’est « moins de règles ». Difficile de construire un héritage quand ton programme se résume à « on va rien faire et c’est génial ».
Sacks n’était pas le premier venu. Venture capitalist chez Craft Ventures, ancien de PayPal, proche de Peter Thiel et de toute la clique tech-libertarienne. Un profil parfait pour une administration qui voulait montrer patte blanche à Silicon Valley. Le problème, c’est que même avec un accès direct à l’Oval Office, Sacks n’a pas réussi à faire bouger les lignes. Les projets de loi sur l’IA sont toujours dans les limbes, les agences fédérales continuent de fonctionner comme avant, et les entreprises tech se plaignent toujours des mêmes lourdeurs administratives.
Alors, pourquoi partir maintenant ? Les rumeurs disent que Sacks en avait marre de la politique politicienne. Entre les querelles de clocher à la Maison Blanche, les résistances des démocrates au Congrès et l’inertie bureaucratique, le milliardaire a probablement réalisé que changer Washington, c’est pas comme lever un fonds de 500 millions. Ça prend du temps, de la patience, et surtout, ça demande de faire des compromis. Et Sacks, comme la plupart des types de la Valley, n’est pas vraiment connu pour son goût du compromis.
L’autre hypothèse, plus cynique : Sacks a fait son temps. Il a joué le rôle du pont entre la tech et le pouvoir, il a mis son carnet d’adresses au service de l’administration, et maintenant, il retourne à ce qu’il fait vraiment : investir dans des startups et donner son avis sur Twitter. Pour un milliardaire, un passage à Washington, c’est un bon coup de com’, un moyen de se donner une stature de statesman. Mais à un moment, faut retourner à l’argent sérieux.
Et l’IA dans tout ça ? Rien ne change. L’administration Trump continue de prôner une approche « hands-off », les géants tech continuent de faire ce qu’ils veulent, et les risques – sécurité, biais, concentration de pouvoir – continuent de grandir. Sacks part, mais le vide politique reste. Personne n’a vraiment pris le relais, et les initiatives concrètes se font attendre. En gros, on repart à zéro, avec en moins le seul gars qui avait un peu de crédibilité dans les deux mondes.
La leçon de cette histoire ? Ça a l’air malin comme ça, parce qu’ils connaissent le secteur et parlent le langage. Mais en réalité, ils défendent leurs intérêts, ils méprisent la bureaucratie, et au final, ils finissent par se barrer quand ils réalisent que le système résiste. Sacks a essayé de changer Washington depuis l’intérieur. Washington a gagné.
Maintenant, il reste à voir qui va prendre sa place. Un autre milliardaire ? Un bureaucrate de carrière ? Un type random trouvé sur LinkedIn ? Peu importe. Tant que la stratégie se résume à « laissez faire », l’IA continuera d’évoluer dans un no man’s land réglementaire. Et ça, c’est une nouvelle qui devrait inquiéter tout le monde – sauf peut-être les actionnaires d’OpenAI et de Google.
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