Deux levées de fonds, des milliards en jeu, et des promesses qui font rêver les investisseurs pendant que les utilisateurs réels se demandent si tout ça n’est pas du vent. Commençons par le lourd : Harvey, la startup d’IA juridique, vient de ramasser 200 millions de dollars à une valorisation de 11 milliards. Oui, tu as bien lu : 11 milliards pour une boîte qui fait des agents IA pour les avocats. GIC et Sequoia mènent la danse, avec tous les gros noms du VC (Andreessen Horowitz, Coatue, etc.) qui suivent comme des groupies. Total levé : 1 milliard. On est où, là ? Dans une bulle digne des .com ou dans la prochaine révolution du droit ? C’est probablement un peu des deux.
Harvey promet de transformer le travail juridique avec des agents qui automatisent la recherche, la rédaction, et même la stratégie. Sur le papier, c’est sexy. Dans la vraie vie, les avocats que je connais utilisent encore ChatGPT pour leurs premiers jets et passent des heures à vérifier les conneries que l’IA a inventées. Mais bon, avec 1 milliard en poche, peut-être qu’ils vont enfin cracker le code. Ou peut-être qu’ils vont juste brûler du cash en marketing pendant que leur produit reste un glorifié assistant de recherche. L’histoire nous le dira. En attendant, les investisseurs s’extasient, et la valorisation fait un bond de ouf.
De l’autre côté, on a Thesis Care (ex-Trovo Health), qui annonce 45 millions de série A pour « scaler les équipes cliniques avec l’IA ». Traduction : ils veulent remplacer des bouts du système de santé par des robots, mais en disant « équipes cliniques » pour faire moins flipper. Oak HC/FT mène le tour, avec CRV et d’autres dans le coup. Total levé : 60 millions. Leur pitch ? Utiliser l’IA pour augmenter la capacité des soignants, réduire les tâches administratives, et peut-être sauver le système de la faillite. Noble, hein ? Sauf que quand tu grattes un peu, tu te rends compte que la plupart des projets d’IA en santé se plantent sur la régulation, la privacy, et le fait que les médecins ont autre chose à foutre que de debugger un modèle qui hallucine des diagnostics.
Mais voilà, le secteur adore ça. L’IA juridique et l’IA santé, c’est les deux mamelles du VC en ce moment. Des marchés énormes, des clients riches (cabinet d’avocats, hôpitaux), et une narrative en or : « on va automatiser les jobs chiants et sauver le monde ». Sauf que derrière les slides PowerPoint, la réalité est plus terre-à-terre. Harvey doit convaincre des avocats ultra-conservateurs de lâcher leur WordPerfect pour un chatbot. Thesis Care doit naviguer dans un enfer réglementaire où une erreur d’IA peut tuer quelqu’un. Et les deux doivent prouver que leur technologie tient la route au-delà des démos bien léchées.
Alors, est-ce que ces levées sont justifiées ? À 11 milliards, Harvey a intérêt à devenir le ChatGPT du droit, vite. Thesis Care, avec ses 60 millions, a moins de pression mais un chemin tout aussi semé d’embûches. Moi, je dis : regardez les actes, pas les communiqués. Combien de clients payants ? Quel taux d’adoption réel ? Les chiffres de croissance, c’est bien. Les résultats concrets, c’est mieux. En attendant, les investisseurs jouent aux poker avec l’argent des LP, et les startups empilent les rounds comme des tours de Lego. La musique continue, et personne ne veut être celui qui arrête de danser.
Au final, on est dans un cycle classique : hype, levée, déploiement, désillusion (parfois), rachat ou faillite. Harvey et Thesis Care ont le vent en poupe, mais l’histoire de l’IA est pleine de cadavres de startups survalorisées. Reste à voir si celles-ci vont tenir la distance ou finir dans le cimetière des « next big things » qui n’ont jamais décollé. En attendant, moi, je vais me faire un café et attendre la prochaine annonce à 20 milliards. Ça ne saurait tarder.
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