OpenAI achète TBPN, ou comment Sam Altman fait du lobbying à 300 millions

Sam Altman a encore sorti son carnet de chèques. Cette fois, ce n’est pas pour entraîner un nouveau modèle ou recruter un prix Nobel, mais pour acheter TBPN, ce talk-show tech qui carbure aux interviews de VC et de fondateurs, trois heures par jour en direct de Los Angeles. Prix ? Entre 100 et 300 millions de dollars, selon les sources. La blague, c’est que c’est pile après qu’OpenAI ait promis d’arrêter les « side-quests » pour se concentrer sur son cœur de métier. Mais bon, quand t’es à 12 milliards de pertes par trimestre, 300 millions pour un peu de bonne pub, c’est presque de l’argent de poche.

Le communiqué officiel parle d' »engagement public » et de « façonner le récit de l’IA ». Traduction : ils en ont marre de se faire défoncer dans la presse. Entre les procès pour violation de copyright, les promesses non tenues sur l’AGI, et les rapports qui montrent que leurs modèles mentent ou génèrent du contenu dangereux, OpenAI a un problème d’image gros comme une maison. Alors plutôt que d’améliorer leurs produits ou de jouer la transparence, ils achètent une plateforme médiatique. C’est du génie, façon mafieux qui rachète le journal local pour contrôler les titres.

TBPN va rester « indépendant », paraît-il, mais sera supervisé par Chris Lehane, le chef des opérations politiques d’OpenAI. L’indépendance éditoriale, c’est comme l’alignement des modèles IA : tout le monde en parle, personne ne sait vraiment ce que ça veut dire en pratique. Imagine, tu es journaliste, ton patron c’est le service com’ d’une boîte qui a tout intérêt à ce que tu ne parles pas de ses casseroles. Tu vas vraiment sortir un reportage sur les 1,5 milliard de settlement pour vol de livres ? Ou sur les pertes abyssales qui menacent la trésorerie ? Bien sûr que non. C’est de l’auto-censure en costume.

OpenAI n’est pas le premier à jouer ce jeu. Bezos a acheté le Washington Post, Musk a racheté Twitter (ou X, peu importe). Mais là, c’est plus cynique. C’est une boîte qui prétend changer le monde pour le bien de l’humanité, tout en achetant les micros pour contrôler la conversation. Leur stratégie ? Plutôt que de répondre aux critiques, ils les étouffent à la source. Et le pire, c’est que ça pourrait marcher. TBPN est écouté par les décideurs de la Silicon Valley, les investisseurs, les politiques. En influençant ce qu’ils entendent, OpenAI influence directement les décisions qui les concernent.

C’est probablement légal. Éthiquement, faut pas pousser. Dans un monde où la désinformation est déjà un sport olympique, laisser une entreprise privée, avec des intérêts financiers colossaux, posséder un média qui parle d’elle, c’est un pas de plus vers l’opacité totale. Mais bon, Sam Altman a l’habitude des paradoxes. Il nous promet l’apocalypse tout en levant des milliards pour l’accélérer. Acheter un talk-show pour faire taire les mauvaises langues, c’est juste la suite logique.

La prochaine étape ? Peut-être qu’OpenAI va racheter un labo de recherche pour publier des papiers qui disent que tout va bien. Ou un tribunal pour annuler les procès. En attendant, retiens bien ce nom : TBPN. Quand on te parlera d’une interview lisse sur les merveilles de l’IA, demande-toi qui paie la facture.


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