OpenAI en mode fauteuil musical

Tu sais ce moment où tu regardes une série et tu te dis « Mais où est passé tel personnage ? » : bienvenue chez OpenAI, où le casting change plus vite que les promesses d’Elon Musk. Cette semaine, c’est un vrai carrousel d’execs : Fidji Simo, la boss de l’AGI, prend une pause médicale « de plusieurs semaines » (The Verge, Wired). Kate Rouch, la CMO, quitte la boîte pour se battre contre un cancer, avec l’espoir de revenir (TechCrunch). Et Brad Lightcap, le COO, hérite d’un nouveau rôle de « projets spéciaux » — ce qui, dans le langage corporate, signifie souvent « on ne sait plus trop quoi en faire mais il faut bien le caser quelque part ».

Oui, on parle d’OpenAI, la boîte qui nous répète depuis des mois que l’AGI est à nos portes et qu’il faut se préparer à la fin du monde. Sauf que visiblement, préparer la fin du monde, ça use. Fidji Simo, promue CEO de l’AGI en grande pompe il y a quelques mois, file déjà en congé maladie. Dans le mémo interne (The Verge), elle parle de « plusieurs semaines », mais quand tu es responsable du déploiement de l’intelligence générale artificielle, est-ce que tu peux vraiment te permettre de disparaître un mois ? À moins que l’AGI ait appris à se déployer toute seule — et franchement, avec les récents bugs de ChatGPT, j’en doute.

Kate Rouch, elle, part pour une raison bien plus sérieuse et légitime : un cancer. TechCrunch précise qu’elle prévoit de revenir quand sa santé le permettra. On lui souhaite tout le courage du monde, et ça rappelle que derrière les annonces tonitruantes, y’a des humains avec des vies compliquées. Mais ça laisse aussi OpenAI sans CMO au moment où la com’ est plus cruciale que jamais — entre les pertes abyssales (12 milliards par trimestre) et les polémiques sur la sécurité.

Et puis y’a Brad Lightcap. Le COO qui se retrouve à la tête des « projets spéciaux ». Traduction : on lui confie probablement des trucs marginaux pendant que les vrais décisions se prennent ailleurs. C’est le classique des restructurations : tu déplaces les pièces sur l’échiquier pour faire croire à du mouvement, mais au fond, c’est toujours Sam Altman qui tire les ficelles.

Alors oui, les boîtes tech ont des départs, c’est normal. Mais chez OpenAI, ça commence à faire beaucoup. L’année dernière, c’était la purge des équipes sécurité. Aujourd’hui, c’est le management qui tangue. Tout ça pendant que Sam Altman continue ses tournées mondiales pour expliquer que l’IA va nous tuer, mais qu’il faut investir quand même. Dire tout et son contraire comme stratégie de gouvernance, on aura tout vu.

Le plus drôle, c’est que cette « restructuration majeure » (Wired) arrive pile au moment où les concurrents accélèrent. Anthropic sort des modèles, Google essaie de rattraper ses bourdes, et Meta fait son open-washing habituel. OpenAI, lui, semble trop occupé à gérer ses problèmes internes pour vraiment avancer. Ou peut-être que l’AGI, finalement, c’est comme un projet de construction : ça prend toujours plus de temps que prévu, et ça coûte un bras.

En attendant, on se retrouve avec une équipe de direction en mode puzzle incomplet. Est-ce que ça va affecter les produits ? Probablement. Est-ce que ça va ralentir la fameuse course à l’AGI ? Sans doute. Mais le plus important, c’est que ça montre encore une fois le fossé entre le discours messianique d’Altman et la réalité chaotique de sa boîte. Promettre la Lune, c’est bien. Gérer une équipe, c’est mieux.

Alors la prochaine fois que tu liras un thread de Sam sur les risques existentiels, rappelle-toi : son propre navire prend l’eau, et les capitaines sautent par-dessus bord. L’apocalypse, peut-être. Mais l’instabilité managériale, c’est déjà là.


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