Microsoft s’auto-félicite pendant que l’IA creuse les inégalités

C’est reparti pour un tour. Microsoft vient de sortir son énième rapport sur le « Nouveau Futur du Travail », et comme chaque année, le constat est le même : l’IA change tout, mais pas pour tout le monde. Sauf que cette fois, ils le disent eux-mêmes – enfin, à moitié. Entre les lignes d’un communiqué lisse et une vidéo de « réflexion » avec leur Chief Scientist, on devine une réalité bien plus crue : l’IA est en train de creuser un fossé abyssal entre ceux qui savent l’utiliser et les autres, pendant que les géants tech empochent les profits sans se poser trop de questions.

Le rapport 2025, résumé dans une source, pointe du doigt un « changement rapide » mais des « bénéfices inégaux ». Traduction : si t’es un développeur ou un consultant qui jongle avec Copilot, ta productivité explose. Si t’es dans un boulot manuel ou administratif basique, t’as juste l’impression que ton patron va te remplacer par un chatbot. Et Microsoft, dans tout ça ? Ils publient un papier, organisent une table ronde avec Jaime Teevan et ses collègues, et se demandent si l’IA est un « outil » ou un « collaborateur ». Sérieusement ? On en est encore à débattre de la sémantique pendant que les licenciements s’accumulent ?

La deuxième source, une vidéo ou un article annexe, explore « l’idéal » d’un monde du travail piloté par l’IA. L’idéal, selon eux, c’est quoi ? Probablement un univers où chaque employé a son assistant IA personnalisé, où les tâches répétitives disparaissent, et où la créativité humaine s’épanouit. Beau discours. Mais dans les faits, combien d’entreprises ont les moyens de déployer ces solutions à grande échelle ? Combien de salariés ont reçu une formation digne de ce nom pour ne pas se faire dépasser ? Pas beaucoup, en réalité. Microsoft vend des licences Copilot à 30$ par mois par utilisateur, mais ne garantit pas que ton patron va pas te virer une fois que t’as boosté tes process.

Et puis, il y a cette question tellement corporates : « L’IA, outil ou collaborateur ? » Franchement, on s’en fout. Ce qui compte, c’est qui contrôle la machine, qui en tire les bénéfices, et qui paie les pots cassés. Microsoft a tout intérêt à présenter l’IA comme un « collaborateur » sympa – ça fait moins peur, ça vend mieux. Mais quand tu regardes les chiffres, c’est surtout un outil d’optimisation financière : moins de main-d’œuvre, plus de marges. Leur Chief Scientist peut bien philosopher sur le sujet, le business model reste le même.

Le plus ironique dans cette histoire, c’est que Microsoft est à la fois le pompier et le pyromane. Ils financent des recherches pour « orienter l’IA vers le futur qu’on veut », mais dans le même temps, ils poussent à fond sur le déploiement de leurs produits, quitte à bâcler les tests de sécurité et à ignorer les impacts sociaux. Rappelle-toi les procès pour plagiat, les bugs hallucinants de Copilot, les employés qui se plaignent de surveillance accrue. Mais bon, tant qu’ils publient un rapport annuel avec des graphiques jolis, tout va bien.

Que l’IA accélère, oui. Que les inégalités se creusent, évidemment. Et que Microsoft, comme ses copains OpenAI ou Google, préfère parler d’« idéal » plutôt que d’assumer les conséquences de ses actes. La prochaine fois qu’ils te vendent du rêve, demande-leur combien de postes ont été supprimés dans leurs clients après l’implémentation de leurs outils. Je parie que la réponse ne sera pas dans le rapport.

Sources : Microsoft Research – New Future of Work Report 2025, Microsoft Research – Ideas: Steering AI toward the work future we want.


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