Le bullshit de la bulle IA, selon les chiffres qui font mal

T’as vu passer le dernier article d’un « expert » qui promet que l’IA va te remplacer d’ici 2025 ? Pose ton café. La réalité, celle qui pue les chiffres et pas les communiqués de presse, vient de gifler les prophètes de malheur. Deux sources fraîches, une de LinkedIn et une de l’économiste en chef de San Francisco, viennent de débarquer avec des données qui font mal aux narratives les plus chiantes du secteur.

D’abord, LinkedIn, cette plateforme où tout le monde se vante d’être un « AI whisperer » sans jamais coder. Blake Lawit, leur chef des affaires globales et juridiques, a balancé un chiffre au Semafor World Economy Summit : le recrutement a chuté de 20% depuis 2022. Tu t’attends à ce qu’il dise « C’est l’IA, bande de feignasses, préparez-vous au chômage ». Sauf que non. Il précise, avec la décontraction de quelqu’un qui a accès à des données réelles et pas juste à des threads Twitter, que cette baisse n’est pas poussée par l’intelligence artificielle. C’est la macroéconomie, mon gars. L’inflation, les taux d’intérêt, cette petite musique de fond que les startups ignorent jusqu’à ce que leur runway s’évapore. Mais bon, « L’IA tue 20% des jobs », ça fait un titre plus sexy que « La Fed a encore monté les taux, et ça pique ».

Pendant ce temps, à San Francisco, l’économiste en chef de la ville, Egan Wagner, regarde le cirque avec un mélange de fascination et de lassitude. Dans une interview pour Mission Local, il qualifie le boom de l’IA de « plus étrange » des booms tech qu’il ait vus. Traduction : même à SF, où on a vu défiler les dot-com, les crypto et les scooters électriques en libre-service, celui-ci sent le roussi différemment. Pourquoi ? Parce que c’est un boom basé sur des promesses tellement vagues qu’elles en deviennent mystiques. « On va résoudre le cancer, l’éducation, et accessoirement te générer un meme sur ta grand-mère. » Les emplois créés sont souvent des postes de prompt engineers ou des consultants en éthique qui écrivent des chartes que personne ne lit. La ville voit des levées de fonds record, mais aussi des bureaux vides et une productivité qui peine à suivre la hype. C’est le boom du bullshit, et même les vétérans de la Silicon Valley lèvent un sourcil.

Qu’est-ce qu’on peut en conclure ? D’abord, on arrête de paniquer. L’IA n’a pas encore déclenché l’hécatombe annoncée par Sam Altman et ses copains. Les vrais problèmes, c’est toujours la même soupe : l’économie mondiale qui tousse, les entreprises qui serrent la ceinture, et une innovation qui avance à petits pas quand elle n’est pas en train de générer des images de Hitler en mode yoga. Ensuite, on écoute les types comme Wagner, qui ont assez vu de cycles pour savoir quand ça sent le cramé. Un boom « étrange », c’est un euphémisme poli pour dire « ça pue la bulle, mais cette fois, c’est encore plus perché ».

Au final, les données racontent une histoire simple : l’IA fait du bruit, beaucoup de bruit, mais sur le terrain des emplois, elle est encore un acteur secondaire. Les licenciements massifs, si tu en vois, regarde d’abord du côté des CFO qui ajustent les prévisions, pas des chatbots qui piquent ton taf. Et à San Francisco, ils ont déjà commencé à compter les jours avant que le prochain gourou annonce une « révolution » depuis un rooftop en sirotant un smoothie à 20 dollars. Moi, je dis : profite du spectacle, mais garde ton CV à jour. Parce que si la bulle pète, ce sera pas à cause de l’IA, mais à cause de ceux qui ont cru trop vite à ses promesses.


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