OpenAI nettoie ses placards

Alors que Sam Altman continue de pérorer sur l’AGI qui va changer l’humanité, son entreprise, elle, fait le ménage. Kevin Weil, ex-VP d’Instagram, et Bill Peebles, boss de l’équipe Sora, viennent de claquer la porte. Deux départs qui ne tombent pas par hasard : OpenAI enterre Sora et plie son équipe science, histoire de se débarrasser de ce qu’ils appellent gentiment les « side quests ». Traduction : les projets grand public qui rapportent pas assez de thune.

Sora, la démo de génération vidéo qui faisait tourner les têtes l’an dernier, est déjà au cimetière, et son chef avec. Peebles, qui dirigeait l’équipe, s’en va, et OpenAI range soigneusement ses joujoux dans un tiroir. Weil, lui, était censé amener un peu de poudre de perlimpinpin grand public, mais visiblement, le cours a changé.

Là où ça devient rigolo, c’est dans le discours. OpenAI, qui nous bassine depuis des années avec sa mission de « bénéfice à l’humanité », voilà qu’elle abandonne ses projets les plus visibles pour le grand public. Sora, c’était sexy, ça faisait des jolis GIF sur Twitter, mais apparemment, ça rapportait pas assez. Alors hop, on vire, on recentre sur l’entreprise, sur Codex, sur les trucs qui font rentrer du cash.

Rappelle-toi : il y a quelques mois, Altman parlait encore de « side quests » comme de distractions mignonnes mais pas essentielles. Sauf que quand on regarde les faits, ces « distractions », c’était souvent les seuls trucs qui montraient aux gens normaux à quoi servait l’IA. ChatGPT, DALL-E, Sora… tout ça, c’était du grand public. Maintenant, on dirait qu’OpenAI se replie sur la B2B, les APIs, les contrats corporate.

Ce n’est pas une surprise. Entre les pertes abyssales (12 milliards par trimestre, quand même), la pression des investisseurs, et la concurrence qui se durcit, OpenAI doit montrer qu’elle peut être rentable. Et visiblement, les « moonshots » grand public, ça fait pas le job. Alors on serre les boulons, on coupe les branches mortes, et on espère que les entreprises vont sauver les meubles.

Mais pose-toi deux secondes : est-ce que c’est cohérent avec le discours messianique d’Altman ? Le mec qui veut sauver le monde avec l’AGI, mais qui lâche les projets qui touchent le plus de monde ? Dire tout et son contraire, c’est pas prêt de s’arrêter.

Et Weil et Peebles dans tout ça ? Ils ont probablement vu le vent tourner. Quand une boîte passe de « changeons le monde » à « optimisons le ROI des entreprises », on a peut-être envie de faire autre chose. Surtout si t’as un CV qui permet de trouver un job ailleurs sans trop suer.

Au final, ces départs sont un symptôme. Celui d’une entreprise qui réalise que le grand public, c’est sympa pour la hype, mais que l’argent, il est ailleurs. OpenAI devient un peu plus ennuyeuse, un peu plus corporate, un peu moins révolutionnaire. Est-ce que c’est une mauvaise chose ? Peut-être pas pour leur trésorerie. Mais pour ceux qui croyaient encore à la mission originelle, c’est une sacrée douche froide.

Quand Altman parlera d’AGI et de bénéfice à l’humanité, il faudra se souvenir de Sora. Et de tous les autres « side quests » qui finiront à la poubelle dès que les comptes seront dans le rouge.


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