Imagine : tu es un avocat chez Sullivan & Cromwell. Ton taux horaire dépasse les 2000 dollars. Tu bosses sur un dossier de faillite pour Prince Group, un truc hyper-sensible qui traîne devant le juge fédéral Martin Glenn à New York. Tu dégaines ton IA chérie pour rédiger un document crucial, histoire de gagner du temps et de briller. Résultat ? Un ramassis d’erreurs, de citations inventées, un bordel sans nom. Et maintenant, tu dois t’excuser par écrit, comme un gamin qui a oublié ses devoirs. C’est exactement ce qui vient d’arriver.
Andrew Dietderich, le co-responsable du groupe de restructuration mondiale du cabinet, a envoyé une lettre d’excuses samedi dernier. La raison ? Des « hallucinations » générées par l’intelligence artificielle utilisée pour préparer le dossier. Oui, le même cabinet qui facture des milliers par heure s’est fait baiser par un algorithme qui invente des références comme un mythomane en crise. La classe.
T’as vu les films où l’avocat balaie la salle avec son éloquence et ses dossiers en béton ? Là, on est plus proche d’un épisode de Better Call Saul écrit par un bot bourré. L’IA, censée être l’assistante parfaite, a transformé un document légal en œuvre de fiction. Les citations sont fausses, les références bidon – bref, tout ce qui fait la crédibilité d’un cabinet d’élite a pris l’eau.
Et le pire, c’est que Sullivan & Cromwell n’est pas le premier. Ces dernières années, on a vu des tas d’histoires similaires : des avocats qui se reposent sur ChatGPT ou autres modèles pour rédiger des mémoires, et qui se retrouvent à présenter des cas inventés de toutes pièces à la cour. Mais là, on parle d’un des cabinets les plus prestigieux de Wall Street. Si eux se plantent, imagine le carnage dans les petites structures qui n’ont pas les moyens de vérifier chaque ligne.
Le secteur juridique est en pleine transformation digitale, avec des promesses d’efficacité et de réduction des coûts. Sauf que quand ton outil te balance des conneries, tu passes plus de temps à corriger qu’à avancer. L’IA n’est pas encore prête à remplacer un juriste qui sait ce qu’il fait – et c’est tant mieux. Mais elle est parfaitement capable de lui faire perdre un procès si on la laisse faire sans supervision.
Alors, la prochaine fois que ton avocat te facture une fortune, demande-lui s’il a vérifié les citations de son IA. Parce qu’à ce prix-là, le moins qu’on puisse attendre, c’est que les hallucinations restent dans les films d’horreur, pas dans les dossiers de faillite.
Sources : The Guardian, Financial Times
Sources :
Comments are closed