Deux nouvelles levées de fonds dans l’IA « utile », c’est-à-dire celle qui ne promet pas de te remplacer mais juste de t’éviter de te prendre la tête avec des trucs chiants. Et franchement, c’est rafraîchissant. Ouais, c’est pas aussi sexy qu’une IA qui écrit des poèmes en araméen, mais au moins ça sert à quelque chose.
Afresh: l’IA qui sauve les légumes (et les marges)
Afresh, c’est le genre de boîte qui te donne envie de croire que l’IA peut faire du bien sans faire de mal. 34 millions de dollars levés pour aider les supermarchés à gérer leurs stocks de produits frais. Pas de promesses de révolution cosmique, juste un algorithme qui dit au boucher du Carrefour du coin combien de côtes d’agneau commande pour le week-end.
Leur argument massue: 70% de croissance annuelle, 12 500 rayons équipés, et surtout, 200 millions de livres de bouffe sauvées de la poubelle. C’est pas rien. Quand tu sais que 30 à 40% de la nourriture part à la benne, un algo qui réduit ça de 25% en shrink, ça fait réfléchir.
Le CEO Matt Schwartz résume bien: « Les décisions de l’IA dans la grande distribution ne portent pas sur l’optimisation de pixels sur un écran. Ce sont des produits physiques avec une durée de vie de quelques jours. » Traduction: ton yaourt périmé, c’est pas un bug, c’est une feature manquante.
Investisseurs au bord de l’extase: Just Climate (le fonds climat de Generation Investment Management) et High Sage Ventures, qui remettent une pièce dans la machine. Parce que oui, sauver la planète en vendant moins de salades pourries, c’est aussi un business plan.
Signit: signer en ligne au pays du pétrole
Pendant ce temps, en Arabie Saoudite, Signit claque 15 millions de Series A pour te faire signer des contrats sans papier. Moins sexy qu’Afresh sur le papier, mais tout aussi stratégique dans un pays qui veut en finir avec le tampon encreur.
Fondée en 2021 par Mohamed El Abbouri, la boîte sert déjà 700 clients, du gouvernement aux hôpitaux en passant par les banques. Et maintenant, ils veulent aller au-delà de la simple signature électronique pour gérer tout le cycle de vie du contrat: rédaction, négociation, suivi. De l’IA générative qui t’écrit ton contrat de bail, quoi.
Le deal: Raed Ventures mène la danse, avec STV, Seedra Ventures, Takamol Ventures et Suhail Ventures en back-up. Le pitch du VC Omar Almajdouie: « La gestion de contrats boostée à l’IA, c’est un marché bien plus gros que la signature électronique. » C’est pas faux.
Le vrai sujet: l’IA qui rapporte du fric, pas des clics
Ce qui est intéressant avec ces deux annonces, c’est qu’elles ne parlent pas de remplacer des humains. Elles parlent de faire moins de gâchis, d’optimiser des process, de gratter des marges là où personne n’avait pensé à mettre un algo. C’est de l’IA B2B, plan-plan mais rentable. Pas de guerre des modèles, pas de menace existentielle. Juste des lignes de code qui aident des caissières à ne pas jeter des cageots de tomates.
Alors oui, 15 et 34 millions, c’est peanuts à côté des 10 milliards d’OpenAI. Mais c’est peut-être ça, la vraie révolution: pas celle qui fait la une, mais celle qui fait tourner la boutique.
Et puis, entre nous, un algorithme qui sauve des tonnes de nourriture, c’est quand même plus utile qu’un chatbot qui te raconte des conneries sur la guerre de Cent Ans.
Sources :
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