Amazon vient de marquer un gros point contre Google Cloud, et c’est Meta qui signe le chèque. Le vendredi 18 mai 2026, Amazon a annoncé que Meta allait utiliser des millions de ses puces AWS Graviton – des CPU, pas des GPU – pour nourrir ses besoins en IA. Un clin d’œil aux Google Cloud Next qui vient de se terminer, comme un « et toc » bien placé.
Les GPU ne sont pas finis. Pour entraîner les modèles, ils restent rois. Mais une fois le modèle entraîné, l’IA agentive – ces systèmes capables de planifier et exécuter des tâches en plusieurs étapes – s’appuie lourdement sur des CPU pour la coordination, le raisonnement en temps réel, l’écriture de code, la recherche. Le Graviton 5 d’Amazon est taillé pour ça.
Meta n’en est pas à son premier coup dans l’ARM. En février, la boîte avait déjà déployé les CPU Grace de Nvidia. En mars, ARM a dévoilé un processeur pour datacenter co-développé avec Meta, baptisé « AGI CPU ». Ce deal avec AWS permet donc de faire tourner les charges sur Graviton 5 dans l’immédiat, avec une bascule possible vers les puces ARM maison plus tard. Pas bête.
Côté chiffres, le montant et la durée du contrat n’ont pas été divulgués. Mais on parle de « dizaines de millions de cœurs Graviton 5 », ce qui en fait l’un des plus gros clients de ce type de processeurs. Meta reste un client historique d’AWS, même s’il avait signé en août 2023 un contrat de 10 milliards sur six ans avec Google Cloud. Ce deal montre qu’AWS n’a pas dit son dernier mot.
Amazon, de son côté, met le paquet sur ses puces maison. Le Graviton, c’est son CPU ARM. Le Trainium, c’est son GPU. Et si Trainium est déjà accaparé par Anthropic (100 milliards de dollars sur dix ans, contre 5 milliards d’investissement d’Amazon dans Anthropic), Graviton permet de gratter une autre part du gâteau. Le PDG Andy Jassy a d’ailleurs taclé Nvidia et Intel dans sa lettre aux actionnaires, affirmant que les entreprises veulent un meilleur rapport qualité-prix pour l’IA.
Nvidia n’est pas en reste avec sa nouvelle puce Vera, également ARM et conçue pour les charges agentives. Mais la différence, c’est que Nvidia vend ses puces à tout le monde, tandis qu’Amazon ne loue l’accès qu’à travers son cloud. Un choix stratégique qui verrouille les clients.
Bref, ce deal confirme une tendance : l’IA agentive change la donne côté hardware. Les CPU reprennent du galon. Et Amazon, avec son Graviton, s’impose comme un acteur clé – pas seulement face à Nvidia, mais aussi face à Google Cloud.
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