Demis Hassabis, le gourou qui prêche l’emploi mais investit chez Anthropic

Demis Hassabis, le gourou qui prêche l’emploi mais investit chez Anthropic

Alors que Demis Hassabis, le patron de Google DeepMind, nous pond un joli couplet dans Wired sur les vertus de l’IA qui ne devrait surtout pas supprimer des emplois – « utilisez les gains de productivité pour faire plus, pas pour licencier » –, le Financial Times révèle que le même homme est devenu un investisseur précoce chez Anthropic. Le dealer qui appelle sa cliente pour lui dire qu’elle consomme trop, mais qui lui prête de l’argent pour sa prochaine dose. La dissonance cognitive, quotidienne.

C’est beau. Tu as le prix Nobel (de chimie, 2024) qui fait la morale aux entreprises : « Ne licenciez pas, bande de sagouins. L’IA, c’est pour augmenter le travail, pas le remplacer. » Et ce même altruiste met son blé (et probablement celui de sa maman) dans Anthropic, la boîte de Dario Amodei, le type qui publie des essais de 20 000 mots sur les risques existentiels tout en déployant allègrement les modèles que ses propres évaluateurs déconseillent.

Mais attention, Hassabis n’investit pas seul : ses poulains, les « protégés du Nobel », lèvent des milliards et répandent son influence dans toute l’industrie. Comme une gentille pieuvre qui étend ses tentacules. Tu trouves ça normal qu’un mec qui te vend « l’IA pour le bien de l’humanité » finance en douce Anthropic, dont le modèle safety-washing est aussi rodé que celui d’OpenAI ?

La face cachée de l’altruisme

Ce qui me tue, c’est l’hypocrisie du truc. Hassabis, c’est le gourou qui te dit « fais ce que je dis, pas ce que je fais ». Il sermonne les autres sur l’emploi, mais son fonds (ou lui-même, on ne sait pas trop) mise sur un acteur qui, soyons honnêtes, n’a jamais fait ses preuves en matière de safety. Anthropic, c’est le mec qui te sort des benchmarks de sécurité bidon tout en levant 10 milliards à 350 milliards de valorisation. La sécurité, c’est leur marque de fabrique, leur vitrine. Mais en coulisses, c’est la course au compute, à la part de marché, comme tout le monde.

Hassabis pense peut-être qu’il peut changer le système de l’intérieur. Ou peut-être qu’il veut juste son bout du gâteau. Le problème, c’est que quand tu parles d’emploi, de ne pas licencier, et que tu finances en parallèle ceux qui n’ont aucune obligation de suivre tes préceptes, tu perds toute crédibilité.

La fin du bullshit

Au fond, cette histoire résume tout ce qui claque dans l’IA. D’un côté, des déclarations grandiloquentes sur l’éthique, l’emploi, le bien commun. De l’autre, des investissements qui contredisent tout ça. Et au milieu, des poulains qui lèvent des milliards pour perpétuer le mythe. Assis-toi deux minutes et réfléchis : si Hassabis croit vraiment que l’IA doit augmenter le travail, pourquoi financer Anthropic, dont le modèle économique repose sur le remplacement de travailleurs intellectuels ?

Poser la question, c’est y répondre. Mais la réponse, tu la connais déjà : c’est de l’argent, mon pote. Du fric. Et tout le reste, c’est de la littérature. Ou plutôt du marketing.

Quand on entend un discours lénifiant sur l’IA et l’emploi, il faut demander où est passé le portefeuille du type qui cause. Parce que chez Hassabis, le portefeuille parle plus fort que la bouche. Et il raconte une tout autre histoire.


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