Chez Google DeepMind, ça chauffe entre les syndicats et les contrats militaires

L’ambiance chez Google DeepMind n’est pas vraiment la joie.

Syndicalisation et licenciement

Plusieurs centaines de salariés du labo IA ont voté pour se syndicaliser. Motif : ils veulent peser sur les décisions de management concernant les contrats passés avec les gouvernements américain et israélien pour des applications de défense et de renseignement. Résultat : Google DeepMind a accepté d’ouvrir des discussions officielles avec les syndicats Communications Workers Union et Unite, sous l’égide de l’organisme de médiation Acas. Une première dans le secteur.

Par ailleurs, un ingénieur IA a porté plainte devant un tribunal des prud’hommes pour licenciement abusif. Son crime ? Avoir distribué des tracts dans les bureaux londoniens de DeepMind avec des messages du style : « Google fournit des IA militaires à des forces qui commettent un génocide », et « Votre salaire vaut-il ça ? ». Il avait aussi envoyé des mails à ses collègues pour les inciter à se syndiquer. Résultat : viré. Lui accuse Google de l’avoir licencié pour s’être opposé à ses contrats avec Israël.

Le timing est parfait. La même semaine, Demis Hassabis, le boss Nobelisé de DeepMind, se retrouve avec une révolte sociale sur les bras pendant que son entreprise est accusée de bâillonner les lanceurs d’alerte. Rappelons que fin 2025, Google avait discrètement supprimé de sa charte éthique la promesse de ne pas développer d’armes ou de systèmes de surveillance attentatoires aux droits humains. Ce n’est pas une coïncidence.

Cette poussée syndicale n’est pas un cas isolé. Depuis que les techos se réveillent et pigent que leurs bébés algorithmiques peuvent servir à des trucs pas très catholiques, la contestation gronde. Mais jusqu’ici, les directions répondaient par des mesures cosmétiques ou des menaces de licenciement. Là, DeepMind accepte de causer avec les syndics. Est-ce un vrai tournant ou une opération de com’ pour calmer le jeu avant la prochaine levée de fonds ?

En attendant, l’affaire du licenciement de l’ingénieur va faire jurisprudence. Si le tribunal lui donne raison, ça risque d’ouvrir les vannes. Et Google, qui a déjà du mal à gérer son image avec ses contrats militaires, va devoir choisir : continuer à serrer la vis ou lâcher du lest.

Reste à savoir si on va voir fleurir des sections syndicales dans tous les labos IA de la planète. Parce que là, on touche à l’essentiel : quand ton boulot sert à fabriquer des drones qui décident qui vit ou qui meurt, est-ce que tu peux juste te dire que tu fais du code et toucher ton chèque ? Les salariés de DeepMind semblent avoir fait leur choix.

Et zut à la fin, si même les IA de papa Google commencent à avoir des états d’âme, c’est que le vent tourne.


Sources :

Categories

Comments are closed

Latest Comments

Aucun commentaire à afficher.