Aaron Levie, le patron de Box, a lâché une petite bombe lexicale dans le paysage déjà saturé de la tech : « Les CEOs sont particulièrement sujets à la psychose IA ». Une phrase qui claque, balancée chez TechCrunch, et qui résonne comme un diagnostic posé sur une profession entière en pleine divagation algorithmique.
La vie de Levie — un type qui a passé assez de temps dans les tranchées du SaaS pour savoir reconnaître un emballement collectif à 10 kilomètres — ne parle pas d’enthousiasme, de vision ou d’innovation. Il parle de psychose. Du délire. De la perte de contact avec la réalité quand il s’agit des promesses de l’IA.
Regarde autour de toi. T’as des CEOs qui annoncent des gains de productivité mirobolants avant même que leurs ingénieurs aient fini d’intégrer une API. Des boîtes qui remplacent des équipes entières par des agents IA sur la base d’un benchmark maison bidonné. Des levées de fonds à 10 chiffres parce que « l’IA va tout changer », sans qu’un seul KPI solide ne vienne étayer la prédiction.
C’est ça, la psychose. Une croyance quasi religieuse en des chiffres magiques. Une foi inébranlable dans le fait que, cette fois, la technologie va transcender les lois de l’économie, de la physique des serveurs et du simple bon sens. « L’IA va nous faire gagner 40 % de productivité », clament-ils. « Ah bon, sur quelles données ? », demandes-tu. « Ben… c’est dans le slide du consultant. »
Levie met le doigt là où ça fait mal. Pas sur la technologie elle-même — on sait tous que l’IA peut être un outil puissant — mais sur la manière dont les dirigeants l’abordent. Comme une drogue dure. Avec des phases de manque, des délires de grandeurs, et une addiction aux promesses plutôt qu’aux preuves.
Alors oui, il y aura des gains. Sûrement même importants, à terme. Mais entre la prédiction d’un gourou et la réalité d’un déploiement, il y a tout l’espace d’une psychose collective. Et si le diagnostic de Levie tombait juste ? Peut-être que le premier traitement à prescrire, c’est un peu de scepticisme et beaucoup moins de slides PowerPoint.
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