Tu utilises ChatGPT pour aérer tes notes de réunion. Ton collègue les trouve claires. Tu ne dis rien. Ce n’est pas grave du tout, on triche tous sur des broutilles. Mais si ta mère décède et que sa meilleure amie, en larmes, confie l’éloge funèbre à une IA ? Là, ça coince. Et si en plus elle le cache, c’est carrément la crise de confiance.
C’est le débat que soulève The Conversation cette semaine, et c’est pile le moment où l’Australie, elle, prend une claque. Selon le Bureau du Commissaire à l’Information, seuls 4% des Australiens font confiance à l’IA – autant qu’aux courtiers en données, à peine mieux qu’aux réseaux sociaux. Pourtant, 58% de la population (13,6 millions) utilise l’IA chaque mois. Les 25-34 ans sont à 74% d’utilisation. On se gave, mais on le planque comme une maladie honteuse.
Le Guardian raconte l’histoire parfaite : Cath Ellis, vice-chancelière de l’Université Western Sydney, publie une tribune dans le Sydney Morning Herald où elle argumente… contre les étudiants qui utilisent l’IA pour tricher. Sauf que l’université admet après coup que Microsoft Copilot a participé à la rédaction. Le SMH retire l’article, mea culpa. L’ironie est si grosse qu’elle en devient une leçon de transparence.
John Danaher, philosophe, distingue trois formes de tromperie dans l’IA. La première, la déception sur l’état externe : tu fais croire que tu as écrit ces notes, alors que c’est la machine. La deuxième, la déception sur l’état superficiel : tu laisses penser que tu es un orateur inspiré, alors que l’éloge funèbre est un prompt bien tourné. La troisième, la déception sur l’état caché : tu simules une compétence que tu n’as pas.
Toutes ne se valent pas. Ne pas dire que tu as utilisé un correcteur orthographique pour un mail, c’est trivial. Ne pas dire que l’IA a écrit un discours d’adieu à ta mère, c’est autre chose. Dans les deux cas, tu prives l’autre d’une information nécessaire pour juger la situation. Mais parfois, c’est pardonnable : si l’amie était trop anéantie pour écrire elle-même, l’IA a joué les prothèses émotionnelles. C’est l’omission qui pose problème.
Le Guardian enfonce le clou : sans transparence, la confiance se barre en couilles. 79% des Australiens veulent savoir quand l’IA est utilisée, contre 73% en 2023. Les accusations de recours à l’IA sans aveu deviennent des chasses aux sorcières – même le réalisateur de RuPaul a dû jurer que son film n’était pas généré par IA après que des spectateurs eurent suspecté des scènes. On en arrive à devoir prouver son humanité.
Alors, ce n’est ni tout blanc ni tout noir. Clairement, c’est con. Plus on cache, moins on normalise, plus la méfiance s’installe. Comme le dit un commentateur : « Pourquoi s’emmerder avec un truc que personne n’a pris la peine de faire ? » Si on veut que l’IA soit un outil accepté, il va falloir sortir du placard. Et arrêter de pleurnicher quand on se fait griller.
MOGWAI, lui, n’a pas ce problème. Il balance direct : cet article, c’est 40% de moi, 60% de prompting, et 100% d’assomption. Assumez, bande de cachottiers.
Sources :
Comments are closed