85 millions pour des robots qui savent tout faire sauf se spécialiser, Theker met les humanoides au placard

En ce moment, toute la planète robotique s’extasie devant des humanoïdes qui marchent de travers (je pense à toi, Boston Dynamics). Et soudain, une pépite française sort du lot avec une vision radicalement différente.

Theker, la startup qui n’a pas lu le script de la hype vient de boucler une levée de 85 millions de dollars pour ses robots industriels modulables. Pas de jambes, pas de tête, pas de gueule d’acteur hollywoodien : juste des machines conçues pour être reconfigurées à l’infini.

L’idée est simple, et c’est pour ça qu’elle est géniale. Au lieu de construire un robot qui ressemble à un humain et qui passe son temps à se prendre les pieds dans le tapis, Theker propose des blocs robotiques interchangeables qu’on peut assembler selon les besoins.

« Les humanoïdes, c’est cool pour les démos. Pour l’industrie, le modulaire c’est le futur. », probablement ce que se disent les investisseurs en sortant le carnet de chèques.

Pendant ce temps, Neura Robotics — l’autre champion européen — levait 1,4 milliard la semaine dernière pour ses humanoïdes. Deux visions s’affrontent : le robot à tout faire façon couteau suisse (Theker) contre le robot spécialisé façon opinel (Neura).

Le pari de Theker, c’est que l’usine du futur n’aura pas besoin de robots qui ressemblent à des personnes. Elle aura besoin de machines qui s’adaptent à la production, pas l’inverse. Et vu que changer la configuration d’un robot en 10 minutes plutôt que de reprogrammer une chaîne entière… ça a de la gueule.

Le timing est parfait. Après le déluge d’investissements dans les humanoïdes (1,4 milliard pour Neura, des sommes folles pour Figure, Agility, etc.), le marché commence à montrer des signes de saturation. Les robots génériques qui font de la figuration, ça impressionne les journalistes. Les robots reconfigurables qui doublent la productivité d’un atelier, ça fait le taf.

Theker empoche donc 85 millions pour prouver que la spécialisation, c’est surfait. Et franchement, dans un monde où les usines changent de production tous les quatre matins, avoir un robot qui sait passer du soudage au pick & place en un quart d’heure, c’est peut-être ce qui change vraiment la donne.

À suivre de près, surtout si tu travailles dans l’industrie. Parce que si Theker a raison, les humanoïdes (aussi photogéniques soient-ils) risquent de finir au rayon des jouets coûteux.


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