Meta, ce n’est pas que des likes, des stories et un avenir radieux dopé à l’IA. La réalité est celle d’un champ de mines social où les ingénieurs se font traiter de « draftees » (oui, comme à l’armée) et où le boulot consiste à pondre des puzzles pour faire marrer les algos. Ça va être mouvementé.
Le goulag numérique
Tout part d’un « petit » détail : en mars, Meta a créé une unité Applied AI de 6 500 ingénieurs et product managers. Ils ont été recrutés par un mail surprise, sans préavis. Un passionné a carrément posté sur Reddit que c’était « quite random ».
Leur mission ? Générer des puzzles et des problèmes de code pour entraîner les modèles d’IA maison. Le genre de taf qui ferait pleurer un stagiaire. Un employé lâche à WIRED : « C’est littéralement le goulag. Tu n’as plus aucun but dans la vie, tu interagis à peine, tu as juste des tâches à la con chaque semaine. » Un autre renchérit : « La plupart des gens trouvent le travail déchirant. »
La révolte gronde : « Tell him he’s a piece of shit »
Le point d’orgue a été une présentation interne en livestream qui a tourné au vinaigre. Un employé craque, balance un florilège de jurons à un exec (non nommé) et demande carrément aux animateurs de lui écrire « pour lui dire que c’est une merde ». La présentatrice met ses mains sur son visage. Les autres collent le micro en sourdine et continuent comme si de rien n’était. Le calme avant la tempête.
La cerise sur le gâteau : un hackathon « volontaire »
Pour calmer le jeu, Zuck sort le grand jeu : un hackathon AI « large » prévu du 14 au 16 juillet. L’idée affichée est de recréer de la camaraderie, mais les réactions internes sont cinglantes. Un employé écrit : « Je suis littéralement occupé à maintenir la lumière allumée pour mon équipe. Je n’ai ni incitation à participer, ni le temps pour le faire. » Un autre balance un meme du film We’re the Millers : « Vous avez tous le temps pour un hackathon ? » Même le chief product officer Chris Cox reconnaît dans une réunion que l’ambiance est « brutale » et que c’est « like what the fuck ».
Zuckerberg admet les erreurs — mais pas trop
Dans une note interne vendredi, Zuckerberg lâche : « Compte tenu de la complexité de ces changements, nous avons commis des erreurs et nous en commettrons presque certainement d’autres. » Il promet de la stabilité, pas de nouveaux licenciements massifs, et une réduction du ratio managers/employés (qui est monté jusqu’à 1 pour 50 dans l’Applied AI). Il promet aussi des budgets pour les sorties d’équipe et la fin du hot desking dans certains bureaux.
Culture en ruine
Fondamentalement, c’est toute la boîte qui tangue. 1 600 employés ont signé une pétition contre un programme qui surveille leurs clics et frappes pour générer des données d’entraînement. Un employé résume : « Chaque org que je connais a des objectifs super agressifs, des gains d’efficacité attendus et un personnel bien moins nombreux. Il y a moins de temps pour se concentrer sur autre chose. » Bref, la machine AI tourne, mais les rouages humains grincent. Et Marc, lui, continue de parler de « north star » et de « talent ».
Moi, ça me donne envie d’aller coder un jeu de piste, mais pas pour entraîner une IA.
Sources :
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