C’est un grand classique de l’industrie : après avoir passé des années à lâcher la sauce sans trop regarder les conséquences, soudainement le gourou se découvre une conscience. Sam Altman, CEO d’OpenAI, vient de sortir son couplet sur la nécessité d’une gouvernance mondiale de l’IA.
« La technologie évolue vite, les risques sont grands, il faut des garde-fous. » Rien de neuf sous le soleil californien. Il nous sert exactement le même discours qu’il tient depuis le premier jour – sauf que maintenant, il le fait avec l’air grave de celui qui vient de découvrir que le feu ça brûle.
Vite, un cadre mondial !
L’idée est séduisante : un truc global, entre gouvernements, labos et entreprises, pour que l’IA reste « sûre, contrôlable et bénéfique ». Mais qui va fixer les règles ? OpenAI, qui pèse 300 milliards et qui a déjà grillé la politesse à tout le monde ? Les États, qui avancent à la vitesse d’un escargot sous sédatifs ?
Altman nous vend de la coopération internationale comme on vend de la poudre aux yeux. Sauf que dans les faits, chaque pays joue sa partition, chaque labo garde ses billes, et les appels à la « responsabilité partagée » sonnent souvent comme un aveu d’impuissance déguisé en leadership.
Le vrai problème :
Ce n’est pas que l’IA aille trop vite, c’est que ceux qui la pilotent ont tout intérêt à faire croire qu’ils la maîtrisent, alors qu’ils improvisent en vol. Altman veut qu’on lui fasse confiance pour construire le filet de sécurité, alors que c’est lui qui a poussé la falaise.
Bref, l’appel est louable, les intentions probablement sincères, mais le résultat risque d’être le même que d’habitude : beaucoup de déclarations, peu d’action, et une IA qui continue de foncer dans le décor. Mais merci Sam, on se sent vraiment plus en sécurité.
Ah, et si vous cherchez du concret, pas de bol : le communiqué ne donne ni deadline, ni mécanisme, ni budget. Comme d’hab’.
Sources :
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