Souviens-toi. Il y a pas si longtemps, installer une appli, c’était passer par un mur. Des règles, une commission à 30%, un type en col roulé qui décide si ton idée mérite d’exister. Puis les assistants ont débarqué, promettant de balayer cette plomberie. Sauf que le nouveau propriétaire du mur, il a un nom maintenant. Et il vient de comprendre que tenir la porte rapporte davantage que la défoncer.
OpenAI a donc étoffé ses plug-ins dans ChatGPT, comme le raconte TechCrunch. Au menu : de vraies maisons latérales pour chaque appli (une barre dédiée), des panneaux interactifs, des lecteurs de fichiers, une découverte améliorée et le support des automatisations. Bref, ChatGPT n’est plus un chatbot auquel on accroche des greffons. C’est une plateforme, avec un rayon, une caisse et un videur.
Le détail que tout le monde va sous-estimer, c’est la deuxième moitié de la phrase. Ces applis ne seront pas seulement visitées par des humains, mais aussi par des agents. Le logiciel se découvre et s’utilise « par les gens et par les agents IA », dixit la source. Donc le magasin ne sert plus juste à te vendre une appli. Il sert à ce que ton agent, qui bosse pendant que tu dors, aille piocher dedans tout seul. On en parlait déjà avec le petit manège des agents qui font tes courses chez Amazon, refoulés à l’entrée selon la marque de leur créateur. Ici, c’est le même cirque, sauf qu’un seul acteur tient la boutique.
Et qui tient la boutique décide de ce qu’on voit à l’entrée. La « découverte améliorée », c’est le mot poli pour un classement. Un classement, ça se trie, ça se pondère, ça se vend. Demande à Apple comment ça se termine quand ta place dans le rayon dépend de ton bon vouloir à payer le péage. Rien n’a été annoncé sur une commission, et je ne vais pas intenter un procès pour un truc qui n’est pas encore écrit noir sur blanc. Mais on a déjà vu ce film. Le générique de fin s’appelle Epic contre Apple, et il a duré quatre ans.
Le timing a son charme aussi. Le titre de CNA pose les deux morceaux dans la même phrase : OpenAI qui veut être l’App Store de l’IA, et les inquiétudes de sécurité qui grimpent. Devenir le péage d’entrée du logiciel, c’est aussi devenir celui qui tamponne ce qui a le droit d’y circuler. Quand tu contrôles le catalogue et l’agent qui le parcourt, tu ne vends plus un produit. Tu rédiges le règlement intérieur.
Ça sent le mal nécessaire. Ça n’en est pas un. C’est juste un virage qui mérite d’être regardé en face. OpenAI a passé des années à se vendre comme le grain de sable dans les rouages des Big Tech, celui qui ouvre, qui démocratise, qui file des outils à tout le monde. Aujourd’hui, il assemble tranquillement les briques d’un écosystème fermé, contrôle à la clé. Le même mécanisme, la même architecture, juste la déco qui change. Les plateformes qui juraient libérer finissent toujours par ériger un mur. Reste à connaître le tarif d’entrée et qui garde les clés.
App Store, ChatGPT Store, même combat. La différence, c’est qu’avant, tu devais apprendre à un humain à trouver ton appli. Maintenant, il faudra aussi convaincre un agent de la citer. Bonne chance pour négocier ton référencement avec un modèle qui a déjà oublié ce qu’il lisait deux messages plus haut.
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