Amazon a dégainé la mise à jour de son robot d’entrepôt autonome Proteus, et cette fois, il cause. Fini le temps où les humains devaient pianoter du code pour lui donner des ordres : la nouvelle version comprend le langage naturel. Tu lui parles, il exécute. Presque un collègue.
L’annonce, faite le 4 juin, s’accompagne d’un chèque de 10 milliards d’euros pour moderniser le réseau logistique européen, avec un déploiement du robot prévu l’année prochaine sur le Vieux Continent. Aux États-Unis, Proteus roule déjà dans 25 sites, mais cantonné aux zones de quai. Avec cette mise à jour, il peut s’aventurer plus loin dans l’entrepôt. Bref, on lui lâche la laisse.
Concrètement, au lieu de passer par une interface ou d’appeler un technicien pour modifier un programme, un employé peut maintenant dire « Proteus, amène cette palette au quai 4 » et le robot obtempère. Amazon vend ça comme un outil d’augmentation des capacités humaines, pas un remplacement. Mais avouons-le, quand ton robot comprend la parole et que la boîte investit 10 milliards dans l’automatisation, les postes les plus répétitifs commencent à sentir le roussi.
C’est une étape de plus dans la lente mais implacable mécanisation des entrepôts. Les Kiva (devenus Hercules) transportaient des étagères, Pegasus triait les colis, Cardinal empilait, et maintenant Proteus comprend la conversation. Amazon construit une armée de robots de plus en plus polyvalents, et le langage naturel est le dernier verrou qui saute.
Reste à voir comment les syndicats européens accueilleront ce nouvel arrivant. Mais une chose est sûre : dans les entrepôts Amazon, le bruit des claviers va laisser place à des ordres vocaux. Et Proteus, lui, il écoute.
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