Corée du Sud, vieillissante, adopte des poupées IA comme pansement social

La Corée du Sud, championne du vieillissement démographique, vient de trouver son nouveau pansement social : des poupées à l’effigie de bébés ou d’animaux, mais équipées de ChatGPT. Parce que quand ton système de soins craque de partout et que t’as plus assez de bras pour prendre soin des vieux, la solution, c’est évidemment de coller un modèle de langage dans un jouet et d’appeler ça de la « compagnie ». L’innovation, parfois, c’est juste un cache-misère bien emballé.

Imagine la scène : un octogénaire seul dans son appartement, qui discute avec une peluche qui lui répond avec les réponses génériques d’un chatbot. « Comment ça va aujourd’hui ? » demande la poupée. « J’ai mal aux articulations et mes enfants ne viennent plus me voir », répond le papy. Et l’IA de lui sortir un truc du genre : « Je comprends que vous puissiez ressentir cela. Voulez-vous que je vous raconte une histoire ? » Super. On a remplacé la chaleur humaine par un script optimisé pour l’engagement. Félicitations.

Le truc, c’est que la Corée du Sud est dos au mur. Taux de natalité en chute libre, espérance de vie qui grince, et un système de soins à domicile sous tension depuis des années. Les poupées IA, c’est la solution cheap, scalable, et surtout, qui évite de se poser les vraies questions : pourquoi on en est réduit à déléguer la compagnie à des algorithmes ? Pourquoi on préfère investir dans la tech plutôt que dans des humains ?

Et ne viens pas me dire que c’est « mignon » ou « innovant ». C’est triste à pleurer. On parle de personnes qui ont besoin d’interactions réelles, de présence, de soins, et on leur balance un gadget qui, au mieux, les distraira cinq minutes, au pire, les isolera encore plus en créant l’illusion d’une relation. ChatGPT, dans sa version grand public, a déjà du mal à tenir une conversation cohérente sur plus de trois échanges sans divaguer. Tu imagines le niveau quand tu lui confies la santé mentale de toute une génération ?

Les boîtes qui développent ces trucs doivent se frotter les mains. « Regardez, on résout la solitude avec de l’IA ! » Sauf que non. Tu ne résous rien, tu masques le problème. Autant que les écrans pour calmer les gamins, ça marche sur le moment, mais à long terme, t’aggraves la situation. Sauf qu’ici, les gamins, ce sont nos grands-parents.

Et le pire dans l’histoire ? C’est que ça va marcher. Parce que c’est moins cher qu’une auxiliaire de vie, moins contraignant qu’un réseau familial, et ça fait bien dans les rapports ESG. « Nous investissons dans des solutions technologiques pour le bien-être des seniors. » Traduction : on externalise la charge émotionnelle sur des serveurs cloud. La prochaine étape, c’est des robots qui changent les couches ? Oh wait, ça existe déjà.

Alors oui, techniquement, c’est impressionnant. Prendre ChatGPT, le foutre dans une coque mignonne, et le vendre comme compagnon. Mais moralement, c’est une faillite. On préfère automatiser la compassion plutôt que de repenser notre modèle social. La Corée du Sud n’est peut-être que le laboratoire. Si ça passe là-bas, attends-toi à voir débarquer ces poupées dans les EHPAD français d’ici deux ans. « Madame Michu, voici votre nouvel ami, il s’appelle GPT-Bunny. Il ne vous oubliera jamais, sauf en cas de bug. »

Au final, ces poupées IA, c’est le symbole parfait d’un monde qui traite les symptômes sans s’attaquer aux causes. On a des algorithmes de plus en plus sophistiqués pour parler aux vieux, mais de moins en moins de temps pour les écouter. La tech comme bouée de sauvetage d’une société qui coule. Si ça, c’est pas un scénario de Black Mirror qui se réalise sous nos yeux…


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