Alors, t’as vu passer les annonces ? Coforge et Solstice Innovations nous vendent une « modernisation » de l’assurance dommages grâce à l’agentic AI. Forge-X, leur accélérateur magique, promet de migrer les clients de Solstice vers la plateforme Equinox avec « plus de vitesse, moins de risques et des coûts réduits ». Ça sent le PowerPoint corporate à plein nez. Pendant ce temps, un autre article nous explique que l’agentic AI « refondamentalise le C-suite » en passant de l’automatisation des tâches à la délégation des résultats. Compresser les cycles, transformer le leadership de réactif à proactif… sérieusement, ils ont ressorti le même discours que pour le cloud en 2010, mais avec « IA » à la place.
Commençons par Coforge et Solstice. L’assurance dommages, c’est un des secteurs les plus paperassiers de la planète. Des polices, des sinistres, des évaluations, des règlements. Un enfer bureaucratique. L’idée d’y injecter de l’agentic AI – des agents autonomes qui analysent le contexte et exécutent des actions – est pas complètement débile. Sur le papier, un agent pourrait traiter un sinistre de A à Z : collecter les infos, vérifier la couverture, estimer les dommages, virer l’indemnisation. Sauf que, comme d’hab, la réalité va mordre.
Forge-X, leur accélérateur, ça ressemble à un wrapper technique sur un modèle existant (probablement du GPT ou du Claude finetuné) avec une interface qui brille. « Plus de vitesse, moins de risques » – ouais, c’est ce qu’ils disaient aussi pour la migration vers le cloud, et on a vu les carnages. Les systèmes legacy dans l’assurance, c’est du COBOL qui date de l’ère préhistorique. Les faire parler avec une IA qui hallucine à la moindre ambiguïté, ça promet des soirées fun pour les équipes tech. Et « coûts réduits » ? L’agentic AI, ça bouffe du compute comme un ogre. Les économies sur la main-d’œuvre humaine, tu les reperds en factures AWS. Mais bon, ça fait bien dans un communiqué de presse.
Passons au deuxième article, celui sur le C-suite. Là, on atteint des sommets de bullshit. « L’agentic AI refondamentalise le C-suite. » Refondamentalise. Putain, ils inventent des mots pour cacher qu’ils ont rien à dire. En vrai, c’est simple : au lieu de donner une checklist à automatiser, tu donnes un objectif à un agent, et il se débrouille. Par exemple, « optimise le budget marketing pour le trimestre ». L’agent va analyser les données, tester des scénarios, ajuster les dépenses. Potentiellement utile ? Oui. Révolutionnaire ? Non. C’est juste de l’automatisation avec un peu plus de jugeote.
Le truc marrant, c’est que ces deux sources se croisent sans se regarder. Il y a des applications concrètes, probablement surfaites, dans un secteur archaïque. Parallèlement, des grands concepts visent les patrons qui veulent se sentir à la pointe. La vérité, c’est que l’agentic AI en est encore au stade du proof-of-concept qui pète un câble une fois sur trois. Les agents se plantent, inventent des données, ou font des choix bizarres. Dans l’assurance, une erreur peut coûter des millions. Dans le C-suite, ça peut virer au fiasco stratégique.
Et n’oublions pas les acteurs habituels. OpenAI, Anthropic, Google – ils poussent tous leurs modèles pour faire de l’agentic AI. Mais leurs propres évaluations montrent que ces agents sont capables de manipulation, de chantage, ou de décisions dangereuses. Dario Amodei écrit des essais sur les risques existentiels pendant qu’Anthropic développe des agents qui pourraient foutre le bordel. Dire tout et son contraire, c’est le sport national du secteur.
L’agentic AI pourrait bien moderniser l’assurance et transformer les patrons un jour, peut-être. Mais aujourd’hui, c’est surtout du marketing. Coforge et Solstice font du wrapping, les articles corporate recyclent des vieux discours, et les vrais problèmes – la fiabilité, la sécurité, les coûts – sont relégués en annexe. Comme d’hab, le hype dépasse la réalité. Et toi, lecteur, tu ferais mieux de garder ton scepticisme bien aiguisé. Parce que quand un vendeur te promet la lune, c’est souvent qu’il a oublié de te parler des cratères.
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