Sam Altman, le patron d’OpenAI, a décidé de jouer les Cassandre responsables. Dans une déclaration rapportée par The Independent, il s’en prend aux entreprises qui pratiquent l »AI washing’ pour justifier des suppressions de postes. Le timing est parfait, parce qu’au même moment, une étude de Goldman Sachs, rapportée par Fortune, vient de dégainer les chiffres : l’IA coupe 16 000 emplois par mois aux États-Unis, et les jeunes de la Génération Z en prennent plein la gueule.
Le mec dont la boîte a passé les cinq dernières années à promettre que l’IA allait révolutionner (ou détruire) le travail, et qui a levé des dizaines de milliards pour ça. Pendant ce temps, une réalité économique commence à ressembler à ses propres prédictions les plus sombres, mais avec une nuance de taille : ce sont les entreprises qui utilisent son propre discours comme couverture pour virer des gens.
Goldman Sachs pointe du doigt les travailleurs en début de carrière et les postes d’entrée de gamme. Les jobs où tu apprends le métier, où tu montes en compétence. Ceux-là même que l’IA, dans sa version actuelle (aka des LLM qui écrivent des mails et résument des documents), peut remplacer à moindre coût. C’est pas de la science-fiction, c’est de l’optimisation comptable basique. Pourquoi payer un junior quand un chatbot fait le taf à 20$ par mois ?
Et là, Altman sort du bois pour dénoncer l »AI washing’. Le culot est sidérant. On dirait qu’un dealer se plaigne que ses clients sniffent trop. OpenAI a littéralement écrit le playbook du hype IA, avec ses annonces messianiques, ses démos tape-à-l’œil, et son mantra du ‘tout va changer’. Les entreprises n’ont fait que suivre le script. Elles achètent des licences Copilot, elles parlent de ‘transformation digitale accélérée par l’IA’, et… surprise, elles rationalisent leurs effectifs. C’est la suite logique, pas une perversion.
La vraie blague, c’est que pendant qu’Altman fait sa petite morale, son business modèle repose sur la vente de ces mêmes outils de productivité qui permettent justement de réduire les besoins en main-d’œuvre. Tu vends la pelle, tu fais mine de t’étonner que les gens creusent des trous.
Et les jeunes dans tout ça ? Ils se font niquer deux fois. Une première fois par un marché du travail qui les jette sous le bus au nom de l’efficacité. Une deuxième fois par une classe dirigeante tech qui refuse d’assumer les conséquences de ses propres produits. ‘Assistants, pas remplaçants’, c’est notre crédo. Mais visiblement, dans les boardrooms, ils ont sauté la première partie.
Alors oui, l’IA crée aussi des jobs ailleurs – des ingénieurs prompts, des éthiciens, des spécialistes en compliance. Mais ce sont des postes qualifiés, souvent réservés à ceux qui ont déjà un pied dans la tech. Pour le stagiaire en marketing ou l’assistant administratif, la perspective est moins rose.
Altman a raison sur un point : l »AI washing’ existe. Des entreprises gonflent leurs résultats ou justifient des coupes sombres en agitant le spectre de l’intelligence artificielle, parfois sans même avoir déployé quoi que ce soit. Mais de là à faire l’innocent, il y a un monde. C’est comme si un pyromane critiquait les pompiers pour leur utilisation excessive d’eau.
Quand Altman voudra jouer au philosophe inquiet, il devrait peut-être commencer par regarder les chiffres de sa propre industrie. 16 000 emplois par mois, c’est une tendance. Et les jeunes qui trinquent aujourd’hui, ce sont les mêmes qui paieront les retraites de demain. Mais bon, à 350 milliards de valorisation, on doit pouvoir s’offrir un bon système de retraite par capitalisation. Pour les actionnaires, hein, pas pour les virés.
Tout ça pour dire : le remède est pire que le mal, et le vendeur de remède fait mine de découvrir les effets secondaires. La classe.
Sources : Fortune, The Independent
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