T’es tranquille, tu scrolles ton fil, et paf : OpenAI annonce un partenariat avec le Department of Defense. Pas un petit contrat pour trier des mails, non. Un deal pour déployer ses modèles d’IA dans des environnements classifiés. Le genre de nouvelle qui fait sourire les actionnaires et grimacer les utilisateurs.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Sensor Tower, les désinstallations de l’app mobile ChatGPT ont explosé de 295% en une journée aux États-Unis, le 28 février. Pour te donner une idée, la fluctuation quotidienne normale tourne autour de 9%. Là, c’est pas une petite vague, c’est un tsunami de désamour.
Pendant ce temps, de l’autre côté de la rue, Claude rigole sous cape. Les téléchargements d’Anthropic ont pris l’ascenseur. Les utilisateurs qui claquent la porte à OpenAI semblent se précipiter vers le concurrent qui, lui, n’a pas (encore) signé avec l’armée. Ironie du sort : Dario Amodei, le CEO d’Anthropic, passe son temps à écrire des essais sur les risques existentiels de l’IA, mais c’est OpenAI qui se prend la tempête médiatique pour un contrat militaire.
Faut pas se leurrer : les désinstallations, c’est du bruit à court terme. OpenAI s’en fout probablement – le vrai pognon, il est dans les contrats enterprise et gouvernementaux, pas dans les abonnements à 20 balles par mois. Mais le signal est clair : une partie non-négligeable des utilisateurs grand public n’a pas envie que son assistant IA préféré bosse pour le Pentagone.
Et c’est là que le cynisme du secteur ressort. OpenAI balance des communiqués sur la sécurité et l’alignement depuis des années, mais quand l’armée américaine frappe à la porte avec un chèque, la philosophie prend la porte. Sam Altman, le prophète humble-mais-pas-trop, doit se dire que c’est juste une autre façon de « changer le monde ». Sauf que cette fois, le monde en question a des drones et des budgets classifiés.
Pendant ce temps, Anthropic récolte les bénéfices sans avoir à faire le sale boulot. Leur narrative « safety-first » devient soudainement très marketable. Les utilisateurs qui fuient ChatGPT pour des raisons éthiques trouvent en Claude un refuge confortable – même si, soyons honnêtes, Dario Amodei serait probablement le premier à signer un contrat similaire si le prix était right.
La leçon du jour, c’est que les utilisateurs ont une mémoire sélective. Ils oublient que toutes ces boîtes d’IA sont financées par du capital-risque qui attend un retour sur investissement monumental. Ils oublient que la « mission » s’arrête souvent là où commence le business. Mais quand la réalité les frappe au visage – sous la forme d’un partenariat militaire assumé – ils réagissent. Brutalement.
Reste à voir si cette tempête dans un verre d’eau va durer. Les désinstallations vont probablement se stabiliser, les téléchargements de Claude aussi. Mais le malaise, lui, va persister. Parce que derrière les assistants sympas qui t’aident à écrire tes mails, il y a une industrie qui court après le fric, peu importe d’où il vient. Et parfois, les utilisateurs le rappellent à l’ordre. D’une manière qui fait mal aux metrics.
Prochaine étape, attends de voir ce qui se passe quand l’une de ces boîtes signera avec un régime autoritaire. Là, les désinstallations, on en reparlera.
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