Google promet de former 40 000 ouvriers à l’IA, mais ta calculatrice elle dit quoi ?

Google vient d’annoncer un partenariat avec le Manufacturing Institute pour former 40 000 travailleurs de l’industrie américaine aux joies de l’intelligence artificielle. L’initiative, présentée comme un investissement de 10 millions de dollars, vise à déployer des programmes de formation dans 15 régions du pays. Sur le papier, c’est du beau geste : l’IA au service du blue-collar, la réindustrialisation high-tech, tout ça.

Mais quand tu sors ta calculatrice, l’histoire se corse un peu. 10 millions divisés par 40 000 personnes, ça fait 250 dollars par tête. Pour une formation digne de ce nom, même en ligne, tu peux pas t’acheter grand-chose à part un MOOC dépassé et un t-shirt. Google, qui a engrangé 350 milliards de revenus en 2025, balance 0,00003% de son chiffre d’affaires dans l’opération. C’est pas un investissement, c’est de la monnaie de singe.

Et puis, parlons du Manufacturing Institute. C’est une organisation à but non lucratif liée à la National Association of Manufacturers, un lobby industriel qui pousse depuis des années pour des baisses d’impôts et moins de régulations environnementales. Google s’associe à eux, ça fait joli dans le communiqué, mais derrière, c’est surtout une opération de relations publiques pour redorer un blason bien terni. Après les déboires de Gemini, les procès antitrust, et une réputation en berne dans le secteur tech, faut bien montrer qu’on est des gentils.

L’annonce parle de « promouvoir l’intégration industrie-académie-recherche ». Traduction : on va filer des crédits Google Cloud à quelques universités, sponsoriser des conférences, et espérer que les médias reprennent le storytelling sans creuser. Les 40 000 travailleurs formés ? Ça inclut probablement des webinaires d’une heure, des PDF à télécharger, et des certifications qui valent moins que le papier sur lequel elles sont imprimées.

Pendant ce temps, les usines américaines ferment, les chaînes de production sont délocalisées depuis des décennies, et les vrais problèmes du manufacturing – coûts énergétiques, pénurie de main-d’œuvre qualifiée, dépendance aux supply chains chinoises – ne seront pas résolus par un cours d’initiation à ChatGPT. Mais bon, « Google forme l’Amérique à l’IA », ça sonne mieux que « Google optimise ses taxes en Irlande ».

Alors oui, techniquement, c’est une bonne chose que des travailleurs accèdent à des compétences numériques. Mais quand l’effort est si dérisoire par rapport aux moyens du géant, et si clairement calibré pour faire oublier les casseroles, tu as le droit de rester sceptique. Google a besoin de bonne presse, et le manufacturing a besoin de vrais investissements. Pour l’instant, cette initiative ressemble surtout à du wishful thinking marketing.

Quand ils annonceront un « partenariat transformateur », demande-toi combien ça coûte vraiment, et à qui ça profite. C’est rarement l’ouvrier en bleu de travail, sans surprise.


Sources :

Categories

Comments are closed

Latest Comments

Aucun commentaire à afficher.