L’IA en entreprise enterre ses pilotes dans un cimetière bien garni

TechEx North America, jour 2. Le ton change. Après les discours enflammés sur la disruption, place à la douche froide. Les conférenciers ont ouvert avec un terme qui claque : le « AI graveyard ». Traduction : le cimetière des projets IA. Ces initiatives qui cartonnent en pilote, mais qui, une fois déployées, se transforment en gouffre financier et technique. Un constat qui fait écho au billet de Kyield, qui parle carrément de « mystery meat » (de la viande mystère, soit un truc dont personne ne sait vraiment ce qu’il contient), de « kill zones » (zones de destruction de valeur) et de « cognitive surrender » (la reddition cognitive, quand les décideurs lâchent prise face à la complexité). Le tout saupoudré de « vibe bombs » : ces moments où l’ambiance positive du projet explose en vol parce que la réalité technique rattrape le storytelling. Bref, l’IA en entreprise, c’est pas encore la fête.

Et pourtant, l’optimisme est de mise. Les roadmaps sont tracées, la sécurité et l’IA physique sont sur le devant de la scène. Mais entre le rêve et le cauchemar, il y a tout le poids des données sales, des processus non adaptés et des attentes démesurées. Le cimetière est bien réel, et il continue de s’agrandir.

La vraie question est de savoir si les entreprises vont enfin arrêter de faire des pilotes pour le plaisir de faire du pilotage, ou si on va continuer à enterrer des millions dans des projets qui ne verront jamais le jour. Les prochains mois nous diront si l’industrie a appris la leçon. Mais vu l’état du cimetière, j’ai comme un doute.


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