OpenAI en mode schizophrène : l’adoption de masse n’existe pas mais arrive bientôt

Tu veux de la dissonance cognitive ? Prends un grand bol de Brad Lightcap. Le COO d’OpenAI sort deux déclarations le même jour, et il faudrait presque un schéma pour suivre.

Il lâche à TechCrunch : « On n’a pas encore vraiment vu l’IA pénétrer les processus métier des entreprises. » Traduction : malgré les milliards investis, les agents IA sont encore dans le garage à faire du tuning. Pas de quoi fêter quoi que ce soit.

Et il balance à l’Economic Times que « 2026 sera l’année de l’adoption de masse de l’IA », avec l’Inde comme second marché (100 millions d’utilisateurs actifs, bientôt le premier) et des partenariats stratégiques avec Tata, TCS, BCG et McKinsey pour intégrer ces mêmes agents dans les opérations cœur de métier.

Du coup, quelle solution ? On croit le mec qui dit que ça n’existe pas, ou celui qui promet que ça va exploser demain ? Et c’est le même. C’est là que le marketing OpenAI montre toute sa classe.

Lightcap explique que « certaines des inspirations pour le travail récent sur OpenAI Frontier » viennent justement de ce constat d’échec relatif. En gros : « Les entreprises n’y arrivent pas toutes seules, donc on leur vend une plateforme clé en main, et on s’allie avec les consultants pour les tenir par la main. »

C’est malin. Tu reconnais un problème (l’adoption en berne), et tu le transformes en argument de vente pour ton nouveau joujou (Frontier). Et pour faire bonne mesure, tu collabores avec BCG et McKinsey, ces experts en PowerPoint qui vont facturer des millions pour expliquer aux dirigeants comment cliquer sur « déployer ». Le cercle vertueux du bullshit : tu crées la demande en pointant un manque, et tu vends la solution pour le combler.

L’Inde, deuxième marché avec 100 millions d’utilisateurs ? Impressionnant sur le papier. Mais « utilisateurs actifs », ça veut dire quoi ? Des développeurs qui testent l’API une fois par mois ? Des startups qui font du proof-of-concept sans jamais passer à l’échelle ? Lightcap ne précise pas. Et le « pourrait bientôt devenir le plus grand », c’est du conditionnel de vendeur de rêves.

Les partenariats avec Tata et TCS, c’est du lourd. Ces géants ont les moyens de forcer l’adoption dans des milliers d’entreprises. Mais est-ce que ça va changer la donne ? Ou juste générer des rapports brillants et des POC qui meurent dans un tiroir après la présentation au comité de direction ?

Au final, Lightcap joue sur les deux tableaux : l’honnête qui admet les limites, et le vendeur qui promet des lendemains qui chantent. C’est le même jeu qu’Altman avec les risques existentiels : « Attention, c’est dangereux… maintenant, achetez-en plus. »

La vérité, elle est peut-être entre les deux : l’IA enterprise avance, mais à petits pas. Les agents font encore des conneries, les intégrations coûtent une blinde, et les ROI sont plus souvent espérés que mesurés. 2026, année de l’adoption de masse ? On verra. En attendant, OpenAI s’assure d’être bien placé pour ramasser les miettes, avec ou sans les consultants.

Et toi, tu y crois, à cette révolution qui n’a pas encore commencé mais qui arrive bientôt ?


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