OpenAI et Anthropic ruinés par leurs abonnés les plus gloutons : le modèle premium qui coûte 14 000 $

Un test interne vient de révéler que les utilisateurs les plus gourmands – ceux qui codent 12 heures par jour et laissent tourner des agents IA en boucle – consomment en moyenne 14 000 $ de puissance de calcul par mois avec leur seul abonnement premium. Soixante-dix fois le prix payé. Le modèle économique des abonnements fixes pour LLM, c’est le serpent qui se mord la queue : plus les modèles s’améliorent, plus les utilisateurs les sollicitent, plus la facture explose du côté des fournisseurs. Chez OpenAI en interne, on parle déjà d’une « crise de rentabilité » des plans Pro et Team. Anthropic, de son côté, regarde les mêmes chiffres et se demande combien de temps encore il pourra subventionner ses utilisateurs les plus fidèles.

Le cœur du problème, c’est la structure même des abonnements illimités. Pour les usages légers (quelques requêtes de temps en temps, un peu de rédaction), la marge est confortable. Mais dès qu’un utilisateur lance un projet de code conséquent ou des boucles d’agents autonomes, le décompte de tokens s’emballe. Les API coûtent en moyenne 15 $ par million de tokens d’entrée et 60 $ par million de tokens de sortie pour les modèles les plus avancés. Un développeur qui fait tourner des tests unitaires toute la journée peut consommer plusieurs millions de tokens en une seule session. Les agents autonomes, eux, sont pires : chaque itération appelle le modèle, génère des tokens de raisonnement, des tokens de sortie, et parfois des appels d’outils qui redéclenchent le cycle. Le gouffre est sans fond.

Les deux entreprises explorent déjà des parades. OpenAI teste un système de « tokens prioritaires » qui limiterait la bande passante des utilisateurs intensifs après un certain seuil. Anthropic, elle, pourrait introduire une facturation à l’usage pour les clients Pro, avec un forfait de base plus élevé. On peut s’attendre à voir passer les abonnements premium à 300-400 $/mois d’ici la fin de l’année. Et encore, ça ne couvrirait que les coûts, sans marge. La guerre des prix des tokens que j’évoquais la semaine dernière a un revers : elle pousse les utilisateurs à consommer toujours plus, rendant les abonnements fixes intenables.

À mon avis, le vrai risque, c’est que ces limitations poussent les gros utilisateurs vers les API et les modèles open source. Ce serait ironique : les abonnements à prix cassé, au lieu de fidéliser, pourraient bien accélérer la migration vers les alternatives. On voit déjà la pub : « Passez à DeepSeek, c’est moins cher que de se faire plumer par les abonnements premium. »


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