Tiens, OpenAI a encore de l’argent à brûler. Entre deux levées de fonds à 10 milliards et les 12 milliards de pertes par trimestre, le labo de Sam Altman trouve le temps de faire deux annonces dans la même journée. Deux annonces qui, à première vue, n’ont rien à voir. Sauf que si on gratte un peu, on comprend vite le jeu : OpenAI est en train de se transformer en un vrai conglomérat, avec des pions partout, des partenariats douteux, et une stratégie de recrutement aussi agressive qu’hypocrite.
D’abord, le gros morceau : OpenAI s’allie avec le Pacific Northwest National Laboratory (PNNL) pour « accélérer les permis fédéraux ». Traduction : ils veulent utiliser l’IA pour que les projets d’infrastructure américains passent plus vite. Ils ont même créé un benchmark, DraftNEPABench, pour mesurer ça. Leur promesse ? Réduire le temps de rédaction des études d’impact environnemental (NEPA) de 15%. Super. Sauf que quand on creuse, on a l’impression qu’OpenAI joue aux petits soldats avec l’argent des contribuables.
Le PNNL, c’est un labo national américain, financé par le Department of Energy. Donc avec tes impôts. OpenAI, c’est une entreprise privée qui valorise je sais plus combien de milliards et qui perd des milliards chaque trimestre. Le partenariat, c’est quoi au juste ? OpenAI fournit ses modèles, le PNNL fournit l’expertise réglementaire et l’accès aux données sensibles. Qui gagne ? OpenAI, qui se gave de données publiques pour améliorer ses modèles, tout en se faisant une pub de gentil serviteur de l’État. Qui perd ? Toi, le contribuable, qui finance indirectement une boîte qui pourrait bien te remplacer demain. Et accessoirement, tous ceux qui s’inquiètent de la transparence des décisions publiques. Parce qu’un modèle IA qui « accélère » les permis, c’est aussi un modèle qui peut cacher des biais, inventer des chiffres, ou juste optimiser pour faire plaisir au promoteur qui paie le plus. Mais bon, 15% de gain de temps, hein. La modernisation, tout ça.
Pendant ce temps, à Londres, OpenAI ouvre grand les portes de son nouveau bureau. L’annonce est simple : ils veulent embaucher des chercheurs. Beaucoup de chercheurs. Et devine qui ils visent ? Les cerveaux de Google DeepMind, basé à quelques rues de là. La concurrence pour les talents en IA au Royaume-Uni est déjà féroce, mais là, OpenAI balance un gros chèque et un joli logo pour siphonner l’élite. C’est du recrutement agressif, presque prédatoire. Sauf qu’il y a un détail amusant : OpenAI a toujours mis en avant sa culture « à but limité » et ses préoccupations éthiques. Mais quand il s’agit de piquer des ingénieurs à la concurrence, la morale, elle prend ses vacances. DeepMind, de son côté, n’a pas encore commenté, mais on peut être sûr qu’ils vont serrer les fesses. Parce qu’OpenAI, avec ses moyens infinis, peut offrir des salaires à faire pâlir n’importe quel labo académique.
Alors, quelle est la stratégie derrière tout ça ? Simple : OpenAI veut être partout. Dans le public, dans le privé, en recherche, en application. Le partenariat avec le PNNL, c’est une façon de s’incruster dans le secteur public américain, un marché juteux et peu contesté. L’expansion à Londres, c’est une manière de dominer la recherche européenne et de saigner DeepMind, son principal rival sur le vieux continent. Deux mouvements qui semblent disjoints, mais qui dessinent une même ambition : devenir l’opérateur historique de l’IA, comme Google l’a été pour la recherche web.
Et Sam Altman dans tout ça ? Il fait ce qu’il fait le mieux : parler d’apocalypse dans un tweet, puis signer des partenariats qui sentent le conflit d’intérêts à des kilomètres. La dissonance cognitive, c’est son fonds de commerce. Un jour, il te dit que l’IA pourrait détruire l’humanité. Le lendemain, il vend des modèles pour accélérer des projets qui pourraient bien détruire l’environnement. C’est beau, l’ironie.
Au final, ces annonces, c’est du vent et du concret à la fois. Du vent, parce que les bénéfices réels sont loin d’être garantis (15% de gain, c’est peanuts dans un processus de permis qui dure des années). Du concret, parce qu’OpenAI continue sa marche forcée vers l’hégémonie, sans se soucier des détails comme l’éthique ou la concurrence loyale. Et nous, on regarde, on paie, et on se demande si c’est vraiment une bonne idée de laisser une boîte aussi opaque jouer avec nos institutions et nos cerveaux.
La prochaine étape ? Probablement un partenariat avec le NHS pour « optimiser » les rendez-vous médicaux, pendant qu’ils ouvrent un bureau à Paris pour piquer les chercheurs de Meta. Le monopole, ça se construit pas en un jour. Mais OpenAI, lui, a l’air pressé.
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