Publicis assume son pari IA pendant qu’Adobe enterre son passé

Arthur Sadoun, le patron de Publicis, est assis sur un tas d’or et il le sait. Pendant que le monde de la pub se pisse dessus à chaque tweet d’Altman annonçant un nouveau modèle de pubs générées, le groupe français affirme carrément être l’un des rares à avoir compris comment faire de l’IA un vrai business, pas un jouet coûteux. Et il a la gouaille de le dire : ses concurrents n’ont pas encore réussi à la faire payer. Le culot, quand tu l’as.

La source du FT rapporte que Publicis a « approfondi sa poussée IA » et que Sadoun se vante d’être parmi les seuls du secteur à avoir « trouvé comment passer à l’échelle ». Traduction : pendant que WPP et Omnicom jouent encore avec ChatGPT en mode POC, Publicis a intégré l’IA dans ses process client, ses outils internes, et surtout, sa facturation. C’est pas de la R&D, c’est du P&L. Et ça, dans un monde où chaque agence te sort un slide sur « l’IA transformative » mais peine à justifier le ROI, c’est une claque.

L’article d’Adweek ajoute une couche de sagesse cynique. Sadoun précise que Publicis ne va pas « épouser » un seul acteur de l’IA. Pas de mariage avec OpenAI, pas de lune de miel avec Google, pas de pacte faustien avec Anthropic. La stratégie, c’est le polyamour technologique : tu prends ce qui marche chez chacun, tu évites la dépendance, et tu gardes la main. Alors qu’OpenAI prépare ses propres pubs (parce que bien sûr, Sam veut tout faire), Publicis se positionne en courtier intelligent, pas en victime du disruption. « On est bullish sur notre place dans le nouvel écosystème », dit Sadoun. Traduction : on va pas se laisser manger par les mêmes qui nous vendent les outils.

Et pendant ce temps, dans un coin, Adobe enterre un vieux soldat. TechRepublic rapporte que la firme met fin à Animate après 30 ans de service, remplacé par une stratégie IA agressive intégrée dans After Effects et Adobe Express. C’est symbolique à mort : adieu les animations à l’ancienne, bonjour la génération automatique. Adobe a compris que l’avenir, c’est pas de perfectionner des outils legacy, c’est de tout foutre à la poubelle et de reconstruire avec de l’IA dedans. Et ils le font sans états d’âme. Ça ressemble à ce que Publicis essaie de faire : ne pas s’accrocher au passé, mais ne pas non plus se jeter dans les bras du premier venu.

Le contraste est savoureux. Publicis joue les réalistes en disant « on sait monétiser cette merde, les autres non ». Adobe, de son côté, balance un outil historique pour mieux courir après l’IA générative. Les deux ont un point commun : ils assument. Pas de discours pieux sur « l’IA éthique », pas de baratin sur « l’humain au centre ». Juste du business. Et dans un secteur où tout le monde parle pour ne rien dire, ça fait du bien.

Publicis a peut-être cracké le code, ou peut-être que Sadoun est juste meilleur en com’ que ses pairs. Mais une chose est sûre : pendant que les autres paniquent, lui affiche un calme de poker. Et dans la course à l’IA, parfois, l’air de rien, c’est déjà une victoire.


Sources :

Categories

Comments are closed

Latest Comments

Aucun commentaire à afficher.