Paul Griggs, le CEO de PwC aux États-Unis, a sorti l’artillerie lourde. Dans une interview au Financial Times, le mec balance sans détour : les associés du cabinet qui ne sont pas « paranos à l’idée d’être AI-first » n’ont pas leur place dans la boîte. Traduction : ceux qui ne sont pas obsédés par l’IA peuvent dire adieu à leur badge de partner.
Griggs est catégorique : « Personne n’a de laissez-passer ici. Personne. » Le message est clair comme du cristal, ou comme un PowerPoint corporate bien léché. PwC est en plein remaniement de ses tarifs et services parce que la technologie, notamment l’IA, commence à grignoter son business traditionnel. Traduction plus crue : les consultants qui facturent 500€ de l’heure pour pondre des slides que ChatGPT peut générer en 30 secondes, leur temps est compté.
Mais soyons honnêtes deux minutes. Depuis quand PwC est à la pointe de l’innovation ? C’est le même cabinet qui, il y a trois ans, on nous vendait des ateliers « blockchain » à prix d’or pendant que le secteur crépitait. Maintenant, c’est l’IA. La stratégie est simple : quand ton cœur de métier est menacé, tu cries plus fort que les autres, tu sors les menaces internes, et tu espères que tes clients croient que t’as une longueur d’avance. Sauf qu’entre dire « soyez paranos » et avoir une vraie feuille de route technique, y’a un fossé. Un fossé que même le meilleur consultant ne peut combler avec des mots-clés.
Et puis, cette rhétorique du « remplacement », on la connaît. C’est la même que celle des gourous LinkedIn qui nous promettent que l’IA va tous nous remplacer, sauf eux, bien sûr. Sauf que là, c’est le patron d’un des Big Four qui la sort. L’ironie est délicieuse : PwC, qui a passé des décennies à conseiller les entreprises sur la « gestion du changement », se retrouve à devoir menacer ses propres troupes pour éviter de se faire bouffer par le changement qu’il n’a pas vu venir.
Griggs a raison, en partie. L’IA va effectivement transformer le consulting, et tout le secteur des services professionnels. Mais menacer ses associés de les virer s’ils ne deviennent pas « AI-first », c’est un peu comme menacer un médecin de le remplacer parce qu’il ne sait pas coder. Le vrai problème, c’est pas la volonté des individus, c’est la capacité d’une organisation mastodonte comme PwC à vraiment pivoter. Parce que devenir « AI-first », c’est pas juste ajouter un module de formation en ligne. C’est refondre toute la culture, les processus, les modèles économiques. Et ça, même les meilleurs consultants du monde ont du mal à le faire pour eux-mêmes.
En attendant, les associés de PwC ont intérêt à ajouter « prompt engineering » sur leur LinkedIn. Ou à commencer à chercher un plan B. Parce que dans le monde de Griggs, y’a pas de place pour les tièdes. Juste pour les paranos.
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