AI-Free, le nouveau label qui ne dit rien mais fait vendre

« AI-Free », « Sans IA », « Human-Crafted »… On dirait la dernière mode en marketing, sauf que derrière, c’est un bordel sans nom. La BBC nous apprend ce matin que tout le monde se précipite pour créer un logo « sans IA » universellement reconnu. Sauf que personne n’est d’accord sur ce que ça veut dire. C’est comme organiser une course sans savoir où est la ligne d’arrivée — typiquement humain, finalement.

Imagine la scène : d’un côté, les puristes qui veulent un truc carré, vérifié par des auditeurs indépendants, avec des critères stricts. De l’autre, les marketeux qui voient là une opportunité en or pour coller une étiquette verte (ou bleue, ou rose) sur n’importe quoi et faire monter les prix. Entre les deux, une armée de consultants en « éthique digitale » qui se frottent les mains en préparant des PowerPoint à 50 000 balles. Le résultat ? Une cacophonie de labels qui embrouille plus qu’elle n’éclaire. Tu te retrouves avec un livre « AI-Free » dont la couverture a été générée par Midjourney, ou un article « écrit par un humain » qui a été retouché par Grammarly — oui, c’est de l’IA aussi, au cas où t’avais oublié.

Et pendant ce temps, sur Hacker News, les commentaires sont aussi désespérants que prévisibles. Deux réactions, deux extrêmes. Le premier dit : « Enfin ! Un moyen de boycotter ces saloperies d’algorithmes qui volent nos jobs. » Le second répond : « C’est de l’hypocrisie pure, tout est contaminé de toute façon. » Les deux ont un peu raison, et beaucoup tort. Parce que le vrai problème, c’est pas l’étiquette, c’est la transparence. Sam Altman pourrait demain lancer un label « OpenAI-Approved Human Content » et faire un carton, sans rien changer à ses pratiques opaques. Dario Amodei pondrait un essai de 30 pages sur les risques du « human-washing » tout en certifiant ses propres produits. La boucle est bouclée.

Ce logo ne va probablement rien changer. C’est un pansement sur une jambe de bois. Les consommateurs veulent de la confiance, pas un autocollant. Les entreprises veulent du greenwashing (ou devrais-je dire « human-washing »), pas de l’honnêteté. Et nous, on se retrouve à débattre de la couleur du logo pendant que l’IA continue de tout avaler sans bruit. La prochaine étape ? Un label « IA-Responsable » pour ceux qui utilisent l’IA mais se sentent coupables. Tout le monde va l’adopter.

En attendant, si tu veux mon avis, le seul label qui vaut le coup, c’est celui qui dit « Ici, on assume ». Mais ça, ça se vend moins bien.


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