Grammarly, l’éditeur qui s’est pris pour l’auteur

Grammarly, le correcteur automatique qui promet de rendre tes écrits moins pourris, vient de se prendre une claque magistrale. Julia Angwin, journaliste d’investigation bien connue, a décidé de porter plainte contre eux. Et pas seule : elle mène une class action au nom de tous les auteurs dont les noms et les styles d’écriture ont été transformés en « personas IA » sans qu’on leur demande leur avis.

L’affaire est simple : Grammarly a lancé une fonctionnalité qui te permettait de choisir un « ton » ou un « style » d’écriture inspiré d’auteurs réels. Sauf que ces auteurs, comme Julia Angwin, n’ont jamais été consultés, n’ont jamais donné leur accord, et n’ont probablement jamais touché un centime. La boîte a juste pompé leur boulot, leurs livres, leurs articles, pour entraîner ses modèles et te vendre un produit qui imite leur plume.

Le pire ? Grammarly a déjà retiré la fonctionnalité après la tempête médiatique. Mais c’est un peu comme si tu te faisais chopper à voler dans un magasin, tu remets le produit sur l’étagère, et tu crois que tout est réglé. Sauf que non, Julia Angwin et les autres écrivains concernés ne l’entendent pas de cette oreille. Ils attaquent pour violation de la vie privée et des droits à l’image. Et vu le profil d’Angwin, qui a passé sa carrière à traquer les abus des géants tech, ça risque de faire très, très mal.

Rappelle-toi : Grammarly, c’est la boîte qui te vend un service pour améliorer ton écriture. Mais en coulisses, ils se servent de l’écriture des autres sans vergogne. L’ironie est magnifique. « Hey, utilise notre outil pour écrire mieux ! ». « D’accord, mais d’abord, on va piquer le style de Julia Angwin sans lui demander. » C’est du grand art.

Et c’est là que le bât blesse. Parce que ce n’est pas la première fois qu’une boîte d’IA se sert de données sans consentement. Mais là, on parle de noms, de styles identifiables, de personnalités publiques. C’est pas du scraping anonyme de forums Reddit. C’est du vol qualifié, avec preuves à l’appui.

La class action pourrait ouvrir la boîte de Pandore. Si Grammarly perd, combien d’autres outils d’écriture IA vont devoir justifier leurs sources ? Combien d’entreprises vont devoir revoir leurs pratiques d’entraînement ? Et surtout, combien d’auteurs vont enfin se réveiller et réaliser que leur style, leur voix, leur identité, a été transformée en produit sans qu’ils le sachent ?

Grammarly a peut-être retiré la fonctionnalité, mais le mal est fait. Et Julia Angwin n’est pas du genre à lâcher l’affaire. La prochaine fois que tu utiliseras un correcteur automatique, demande-toi : qui a vraiment écrit ces suggestions ?

En attendant, on peut déjà imaginer la réunion chez Grammarly : « Bon, on a un problème. On a piqué le style de Julia Angwin pour notre IA. » « Elle est connue pour quoi ? » « Pour traquer les abus des géants tech. » « Ah. »


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