T’as déjà utilisé Grammarly pour améliorer tes mails ? T’as peut-être vu passer des suggestions « inspirées par » Julia Angwin, rédactrice en chef de The Verge, ou d’autres plumes reconnues. Sauf que voilà, un détail : ces « experts » n’ont jamais donné leur accord. C’est pas de l’inspiration, c’est du vol d’identité déguisé en feature marketing (et maintenant ça se paye en procès).
Grammarly, la boîte qui promet de rendre ton écriture moins pourrie, a déployé pendant des mois une fonction « Expert Review » où son IA te soufflait des corrections en citant des vrais gens. Problème : ces vrais gens n’étaient pas au courant. Julia Angwin, journaliste d’investigation bien connue, a découvert que son nom servait à vendre des suggestions automatiques. Sa réaction ? Une action collective déposée mercredi, accusant Superhuman (la société derrière Grammarly) de violation du droit à l’image et de pratiques commerciales trompeuses. Le timing est parfait : quelques heures après, Grammarly annonçait désactiver la feature, prétendant vouloir la « réimaginer » pour donner « un vrai contrôle aux experts ». Traduction : on s’est fait chopper, on couvre nos arrières.
Les sources (The Verge, Wired, The Decoder) sont unanimes : Grammarly a pompé des noms sans permission, présentant des edits IA comme s’ils venaient de pros. La boîte a beau jouer l’innocente en parlant de « réimagination », le coup est classique : tu testes une feature borderline, tu espères que personne ne remarque, et quand ça pète, tu fais mine de tout repenser. Sauf que là, c’est pas un bug technique, c’est un choix éthique pourri. Utiliser l’identité de journalistes pour crédibiliser une IA, c’est du foutage de gueule niveau Elon Musk. Au moins, lui, il assume ses conneries.
Et pendant ce temps, le secteur continue sa danse habituelle : on balance des features à la va-vite, on ignore les consentements, et on corrige en catastrophe quand les avocats débarquent. Grammarly n’est pas la première à jouer avec le feu (rappelle-toi les histoires de training data piratées chez Anthropic), mais c’est un rappel salutaire : ton bullshit-detector doit s’allumer dès qu’une IA prétend être « inspirée » par quelqu’un sans citer de contrat. La prochaine fois qu’on te montrera une suggestion signée d’un expert, demande-toi s’il a touché un centime. C’est peu probable.
Au final, Grammarly va probablement régler à l’amiable, ajouter une case à cocher dans ses CGU, et relancer la feature avec un branding moins voyant. Mais le message est clair : dans la course à l’IA, les boîtes préfèrent encore demander pardon que demander la permission. Et nous, on se retrouve avec des outils qui mentent sur leurs sources, pendant que les vrais experts doivent traîner tout le monde en justice pour qu’on respecte leur boulot. Quelle époque.
Sources :
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