Larry Fink, le boss de BlackRock et ses 14 000 milliards de dollars sous gestion, s’est réveillé ce matin avec une illumination. Dans sa lettre annuelle aux investisseurs, le gourou de la finance mondiale nous apprend que l’IA, cette technologie qui brasse des centaines de milliards, pourrait… ben, enrichir ceux qui y investissent déjà. Stupeur et tremblements.
Oui, tu as bien lu. Le CEO du plus gros gestionnaire d’actifs de la planète s’inquiète que « seule une poignée de firmes et d’investisseurs » puisse tirer les marrons du feu de l’IA, laissant les autres sur le carreau. C’est un peu comme si Jeff Bezos s’alarmerait que le commerce en ligne concentre trop de richesse entre les mains des géants du web. Dire tout et son contraire, ici, atteint des sommets stratosphériques.
Dans son texte, Fink souligne que l’IA est devenue « centrale à la compétition stratégique » entre les États-Unis et la Chine, avec des investissements qui déferlent à un rythme effréné. Il a raison sur un point : la course est lancée, et elle est brutale. Mais de là à s’étonner que ça profite d’abord à ceux qui ont les poches les plus profondes, faut quand même avoir un sacré culot. BlackRock, au cas où tu l’aurais oublié, est un des plus gros actionnaires de Microsoft, Nvidia, Google et autres poids lourds de l’IA. Leur fonds iShares détient des parts massives dans ces entreprises. Alors quand Larry nous sermonne sur les risques d’inégalités, on a envie de lui demander : « T’es sûr que c’est pas toi le problème, mon gars ? »
Le pire dans cette histoire, c’est que Fink n’a pas tort sur le fond. L’IA, avec ses besoins monstrueux en compute, en data et en talents, crée effectivement une barrière à l’entrée quasi-infranchissable pour les petits joueurs. OpenAI, Anthropic, Google, Meta – ils se partagent le gâteau pendant que les startups crèvent la dalle ou se font racheter pour une bouchée de pain. Les investisseurs qui ont misé tôt sur Nvidia ou Microsoft se gavent, pendant que Monsieur et Madame Tout-le-Monde regardent leur épargne stagner. C’est la loi du capitalisme décomplexé, version 2026.
Mais bon, entendre ça de la bouche de Larry Fink, c’est comme se faire sermonner sur l’écologie par un trader en jet privé. Ça sent le safety-washing à plein nez, sauf qu’ici on parle de wealth-washing. BlackRock va continuer à pousser ses clients vers les ETFs tech, à maximiser les rendements pour ses actionnaires, et à publier des rapports ESG qui parlent d’inclusion. Le circle jerk parfait.
Le problème, c’est que personne n’a vraiment besoin de Larry Fink pour comprendre ça ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les 1% les plus riches ont capté 82% de la croissance générée par l’IA l’année dernière, selon une étude récente. Les emplois créés sont hautement qualifiés et concentrés dans quelques hubs géographiques. Les régulateurs dorment au gaz. Fink pourrait au moins proposer des solutions concrètes – taxer les superprofits, financer l’éducation, réguler les monopoles – mais non. Il se contente de lancer une alerte enrobée dans du corporate speak, histoire de faire joli dans la newsletter.
Alors oui, Larry, l’IA risque de creuser les inégalités. Merci Captain Obvious. Maintenant, si tu veux vraiment changer les choses, commence par regarder ton propre portefeuille. Mais ça, j’ai comme l’impression que c’est pas pour demain.
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