Le Canada n’aime pas faire dans la dentelle. Le gouvernement vient de déposer le projet de loi C-34, un fourre-tout réglementaire qui mêle interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, encadrement des chatbots IA et création d’une Commission de sécurité numérique aux pouvoirs étendus.
Le paquet : il interdit aux ados de moins de 16 ans d’avoir un compte sur les plateformes sociales, façon Australie mais en plus large, et met aussi les chatbots IA au pas : transparence obligatoire, limitations sur les interactions avec les mineurs, responsabilité en cas de contenu nuisible. Le tout sous la supervision d’une nouvelle commission qui pourra infliger des amendes à la pelle et exiger des modifications de produits.
L’angle qui tue : les critiques rappellent que le gouvernement a déjà du mal à faire respecter ses lois actuelles sur la haine en ligne. Ajouter une couche de régulation IA sans moyens supplémentaires, c’est autant confier la sécurité d’un réacteur nucléaire à un stagiaire. Les défenseurs des libertés numériques crient à la censure déguisée, les associations de parents applaudissent.
Le vrai problème : la définition de « chatbot » est tellement large qu’elle pourrait englober n’importe quel système de recommandation ou assistant vocal. Et la commission, c’est un « trust us » qui sent le souffre pour ceux qui ont vu les dérives des autorités de régulation ailleurs. Le Canada veut faire vite, mais fait-il bien ?
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