Si tu pensais que l’IA européenne était le bon élève de la classe, prépare-toi à déchanter. Une étude de l’Institut de la langue estonienne vient de balancer un pavé dans la mare : les quatre modèles de Mistral, notre champion national de l’IA française, sont tous considérés comme susceptibles de propager la propagande russe dans leurs réponses.
Les chercheurs ont passé au crible les modèles open source de Mistral – les mêmes que la startup parisienne vante comme « l’alternative européenne souveraine ». Résultat : ils sont bien plus vulnérables aux narratifs du Kremlin que leurs concurrents propriétaires. Comme quoi, l’open source a ses limites quand il s’agit de filtrer le bullshit géopolitique.
L’ironie est cruelle. Pendant que Mistral lève 3 milliards d’euros et se pose en rempart de la souveraineté numérique du Vieux Continent, ses modèles seraient incapables de distinguer un fait avéré d’un tweet du ministère russe des Affaires étrangères. Les modèles open source, par leur nature même, sont plus faciles à manipuler et moins bien verrouillés contre les campagnes de désinformation.
Ce que ça nous dit, c’est que le patriotisme technologique ne suffit pas. Que l’IA made in Europe peut être aussi naïve qu’un touriste à Moscou sans guide. Et que les promesses de « transparence » de l’open source cachent parfois une vulnérabilité béante.
Mistral n’a apparemment pas de plan pour colmater cette brèche, pour l’instant silence radio. Mais si l’Europe veut vraiment une IA souveraine, elle va devoir apprendre à filtrer les infos mieux qu’un bot Telegram. Sinon, la prochaine victoire de Poutine, ce sera dans tes tokens.
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