Prix littéraire ou prix de la machine à écrire

Tu croyais que les prix littéraires récompensaient encore le génie humain ? On a appris cette semaine que sur les cinq lauréats régionaux du Commonwealth Short Story Prize (un truc sérieux, hein) trois sont sous le coup d’accusations d’avoir écrit leurs textes avec l’aide de chatbots. Ou carrément de les avoir fait pondre par une IA, va savoir.

L’histoire a éclaté chez The Guardian, qui a sorti les grands moyens : analyse stylistique, détection de tics syntaxiques bien connus des LLMs, et un passage chez un détecteur d’IA maison. Résultat : le récit gagnant pour la région Asie, publié dans Granta (rien que ça), sent tellement l’algorithmique que même le patron de la maison d’édition a lâché un « peut-être qu’on ne saura jamais vraiment qui a écrit ça ». Bon, c’est une roulette russe cette histoire, vu que les détecteurs d’IA ont la fiabilité d’un bulletin météo à trois semaines. Mais quand trois gagnants sur cinq se font gauler, on se demande si le problème c’est pas tout le système.

Ce qui est marrant, c’est que le Commonwealth Prize est pas un petit concours de nouvelles du terroir. C’est un des plus gros prix pour la nouvelle en anglais. Alors si même les jurés ne font plus la différence entre une plume et un générateur de tokens, on est où ? Peut-être que la littérature est en train de devenir un sport où le dopage est si courant qu’il faudrait juste accepter que tout le monde triche. Ou alors, il faut repenser les critères. Une IA peut-elle vraiment avoir une « voix » ou une « perspective unique » ? Pour l’instant, ça ressemble surtout à une vaste blague où les humains sont devenus les singes savants du XXIe siècle.

Quand on lira un texte qui te paraît trop fluide, trop parfait, trop « bien écrit » dans le sens scolaire du terme, méfie-toi : c’est peut-être pas un écrivain, c’est peut-être juste un prompt bien torché. Et ça, c’est pas un prix, c’est une insulte à la créativité.


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