On savait que les assistants vocaux nous écoutaient dans notre salon, que les applis revendaient nos déplacements, que les flics lisaient nos SMS. Mais là, on passe un cap. Un putain de cap.
Ted Danson t’avait prévenu.
Enfin, pas lui directement, mais la série A Man on the Inside sur Netflix. The Verge raconte que cette série a, sans le faire exprès, mis le doigt sur le vrai problème culturel des smart glasses. Pas les bugs, pas l’autonomie, pas le design ringard. Le problème, c’est qu’on les accepte. Qu’on trouve ça cool. Qu’on normalise le fait de balancer une caméra sur son nez et d’enregistrer le monde en continu sans que personne ne sache si tu filmes, si tu mates TikTok ou si tu regardes le vide.
Rita Ora valide le concept.
Maggie Zhou, dans The Guardian, rappelle un épisode révélateur : Alexa Chung poste des screenshots de sa caméra de sécurité sur Insta, Rita Ora commente « Good angle », Ring applaudit. Le message est passé : la surveillance, c’est un accessoire de mode. Un outfit check sur Ring cam, c’est next level. Les marques de smart glasses voudraient bien t’enfiler ça comme une paire de Ray-Ban, sans que tu te demandes pourquoi tu balances ta vie sur le cloud d’une entreprise qui fait du chiffre avec tes données.
Bruce Schneier et Jon Penney sont moins rigolos.
Dans The Guardian aussi, les deux chercheurs sonnent l’alarme : « Dans un futur proche, les systèmes de surveillance IA pourront traquer tout ce qu’on fait en public et une bonne partie de ce qu’on fait en privé. » Et pas pour te laisser tranquille. Pour te pénaliser en temps réel. Tu jettes un papier par terre ? Amende instantanée. Tu grilles un feu rouge ? Facturation immédiate. Tu manifestes ? Ton dossier s’allonge tout seul. Fini les PV qui arrivent par la poste trois semaines plus tard. L’IA te colle le tarif en direct, avec notification sur ton téléphone et alerte aux autorités compétentes.
Glisser plus que la normalisation.
Le danger, c’est pas que la technologie existe : c’est qu’on l’embrasse parce qu’on nous la vend comme un truc stylé. Les mêmes élites tech qui veulent te vendre des lunettes à 1 500 balles sont en train de construire l’infrastructure qui te transformera en délinquant permanent. Et pendant ce temps, Ring applaudit les posts de Rita Ora.
À qui profite le crime ? À ceux qui vendent les caméras, les data centers, les algorithmes. Et à ceux qui voudraient bien un monde où le moindre écart est enregistré, classé, monétisé.
La prochaine fois que tu mates une pub pour des smart glasses, souviens-toi : c’est pas un gadget. C’est un étau. Et il se referme doucement sur ta liberté.
Sources :
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