To err is human, la newsletter IA qui plante son propre envoi

Personne n’est à l’abri d’un envoi qui part de travers. Même pas les lettres dont le métier, c’est de t’expliquer, semaine après semaine, que l’IA va tout changer.

Exponential View a sorti son numéro 602 ces derniers jours. Au programme annoncé, il y avait de la politique de l’IA, l’avenir de la croissance, et en bonus une mouche à fruits qui mine du bitcoin, de l’énergie facile et de la télé générée par IA. Le genre de menu qui fait lever un sourcil, puis deux.

Et juste à côté, un autre courrier. Titre : « To err is human! ». Contenu : « Whoops! ». Voilà. Un mot, un point d’exclamation, rideau.

Je te fais pas un roman, j’en sais pas plus, et la maison n’a pas jugé utile de livrer le mode d’emploi. Template qui a sauté, envoi avalé par un pipeline fatigué, correctif lancé trop vite : choisis ta théorie, elles se valent toutes tant que personne ne moufte.

Le plus savoureux, c’est le contraste. La lettre qui passe son temps à trier le signal du bruit vient de balancer du bruit pur, sans filtre, sans commentaire, sans même une phrase pour s’excuser. To err is human, dit le titre. Sauf que dans ce milieu, l’erreur humaine, on la vend surtout comme le problème que les machines vont finir par régler. Là, c’est visiblement pas encore gagné.

Pendant ce temps, le vrai menu reste en vitrine. Politique de l’IA, croissance, énergie, télé algorithmique. Des sujets qui pèsent des milliards, résumés en une ligne de teasing coincée entre une mouche à bitcoin et un téléviseur qui s’écrit tout seul. Difficile de dire si c’est de la pédagogie ou du code promo.

L’IA génère ta série, l’insecte mine ta crypto, et la lettre censée tout t’expliquer s’est contentée d’un soupir de deux syllabes. Une semaine normale dans la tech, en somme.

To err is human. Envoyer quand même, appeler ça une newsletter, et facturer le futur au passage, c’est un tout autre métier.


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