On pensait Intel bon pour la casse, et voilà que le vieux lion montre les dents. Dans une interview au Financial Times, le patron de la division data center de la boîte annonce une nouvelle GPU spécialisée dans l’inférence pour la fin de l’année. L’action, elle, a flambé de plus de 200% depuis janvier. De quoi faire oublier les années de vaches maigres, mais pas si vite.
Alors oui, 200% de hausse, c’est pas rien. Mais c’est aussi le rebond d’un titre qui avait touché le fond. Intel capitalise aujourd’hui autour de 120 milliards de dollars, là où Nvidia en pèse 3800. Tu parles d’un comeback. Le nouveau GPU, dont on ne connaît même pas le nom, viendrait concurrencer les H100 et B200 de Nvidia, mais sur le créneau de l’inférence — cette phase où le modèle entraîné répond aux requêtes, moins gourmande en calcul que l’entraînement pur. Stratégie maline : plutôt que de s’attaquer de front au maître du training, Intel vise le volume, là où les déploiements explosent.
Reste à voir si la firme de Santa Clara tiendra ses promesses. Le passé récent parle pour elle : retards sur les processeurs, architectures foireuses, et une gamme GPU (les Intel Arc) qui a fait plus de bruit que de ventes. Pat Gelsinger, le CEO, n’a pas le choix : il doit prouver que la fée électricité n’a pas déserté les laboratoires d’Intel. Le marché, lui, semble y croire un peu : depuis l’annonce de la feuille de route IA en mars, le titre a gagné 40%.
Ce qui est sûr, c’est que la partie est loin d’être gagnée. Nvidia a une génération d’avance, un écosystème logiciel (CUDA) indétrônable, et des clients qui ne jurent que par lui. Mais le secteur bouge vite, et l’appétit pour l’inférence est tel que même un second couteau peut trouver sa place. Si Intel livre une puce performante et compétitive sur le prix, l’histoire pourrait s’écrire autrement. Et si tout foire, eh ben, il restera toujours les brevets.
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