Boris Cherny a lâché le clavier. Depuis novembre, le créateur de Claude Code chez Anthropic ne touche plus une ligne de code. Il se contente de dicter ses idées à son propre outil, qui génère tout pour lui. Et maintenant, il prédit que les ingénieurs logiciels pourraient « s’éteindre » cette année. C’est le genre de déclaration qui fait le buzz, mais qui sent surtout le coup de com’ bien senti pour promouvoir son bébé.
D’après The Verge, Claude Code, conçu comme un outil pour développeurs, a vu une explosion d’utilisation ces derniers mois. Des gens de tous horizons se sont mis à l’utiliser pour coder, pas seulement les pros. Ça, c’est la réalité : l’outil marche, il est populaire, et il change la façon dont les gens abordent le développement. Mais de là à annoncer l’extinction d’une profession entière en quelques mois, faut pas pousser.
Cherny joue le jeu du prophète de l’apocalypse professionnelle. « Ça va être douloureux pour beaucoup de gens », dit-il. Ouais, sans doute. Mais est-ce que Claude Code va vraiment remplacer tous les ingénieurs logiciels en 2026 ? Allons. On est encore au stade où l’IA génère du code qui bugge, qui nécessite des revues humaines, et qui demande une compréhension fine du problème pour écrire un prompt décent. Cherny lui-même, en tant que créateur, doit avoir une expertise technique solide pour guider son outil. C’est pas Joe le marketeux qui va pondre une appli complexe en claquant des doigts.
Ce qui se passe vraiment, c’est que Claude Code démocratise l’accès au code. Il rend le développement plus accessible, il automatise les tâches répétitives, et il permet aux devs de se concentrer sur l’architecture et la réflexion stratégique. Mais remplacer ? Non. C’est de l’hyperbole marketing, du même acabit que les annonces d’Elon Musk sur la colonisation de Mars. Ça fait parler, ça génère des clics, et ça positionne Anthropic comme un leader disruptive.
Et puis, il y a l’ironie du truc : Cherny, qui ne code plus, dépend entièrement de son IA. Si Claude Code plante ou génère une faille de sécurité, qui debugge ? Lui ? Ou est-ce qu’il va tweeter « Désolé, mon IA a merdé » ? C’est le paradoxe de ces outils : plus tu les utilises, plus tu perds les compétences de base, et plus tu deviens vulnérable à leurs erreurs. Un peu comme un dealer qui devient accro à sa propre came.
Les ingénieurs logiciels ne vont pas disparaître, en réalité. Ils vont évoluer. Certains rôles basiques vont peut-être se réduire, mais la demande pour des experts capables de concevoir, de superviser et de corriger le code IA va exploser. C’est la même rengaine depuis des années : l’IA ne remplace pas les humains, elle transforme leurs jobs. Sauf que cette fois, c’est le créateur de l’outil qui crie au loup, probablement pour faire monter les chiffres d’adoption avant le prochain tour de table.
En attendant, si tu es dev, pas de panique. Apprends à utiliser Claude Code, maîtrise-le, et deviens le chef d’orchestre plutôt que l’exécutant. Parce que la seule extinction à craindre, c’est celle des devs qui refusent de s’adapter. Et ça, c’est pas nouveau.
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