C’est officiel : Google a décidé que tu ne peux pas lui échapper. Deux annonces, un seul message : « Tu vas utiliser l’IA, que ça te plaise ou non. »
D’abord, les lunettes. TechCrunch a pu essayer les nouveaux prototypes Android XR. Des binocles qui superposent traduction, navigation et autres infos Gemini en temps réel dans ton champ de vision. « Almost there », disent-ils. Traduction : ça marche, mais c’est pas encore l’extase. On se souvient des Google Glass version 1, ce monument de ridicule dont le retour était annoncé comme impossible il y a encore six mois. Mais Google insiste, parce que clairement, la première humiliation ne suffisait pas. Sous le capot, c’est Gemini qui turbine, avec tout ce que ça implique : reconnaissance d’image en continu, notifications contextuelles, et probablement une récolte de données qui ferait saliver un data broker. Le produit est promis pour une sortie limitée fin 2026, avec un prix qui sent déjà l’abonnement.
Pendant ce temps, la recherche Google mute en douce. Wired titre sans détour : « Même si tu détestes l’IA, tu utiliseras la recherche Google IA ». L’article décrit comment les réponses générées par IA sont devenues si pratiques qu’elles t’aspirent (au détriment du web et des créateurs qui en dépendent). Les AI Overviews, ces pavés informatifs qui trônent en haut des résultats, sont en train de tuer le trafic vers les sites originaux. Les artistes, les journalistes, les penseurs ? Ils peuvent aller se rhabiller. Google te sert le plat tout cuit, et la provenance, on s’en moque. C’est le confort contre l’écosystème, et on sait qui gagne.
Le patron en remet une couche. Sundar Pichai, dans un podcast du NYT, essaie de rassurer : « Je comprends pourquoi les gens sont anxieux ». Traduction : « On avance, débrouillez-vous avec votre anxiété. » Il parle d’opportunités, de progrès, de responsabilité (tout le vocabulaire habituel pour masquer le fait que Google met tout sur l’IA parce que c’est la seule façon de justifier les milliards dépensés en compute). L’alternative, c’est de devenir un fournisseur de pelles dans un monde qui creuse. Pas sexy.
Ce qui se joue : Google veut être ton copilote visuel ET ton oracle numérique. Les lunettes, c’est la version hardware de la mainmise. La search IA, c’est la version software. Les deux sont conçues pour te garder dans le jardin fermé. Donner une info, recevoir une traduction, suivre un itinéraire : tout passe par Google.
Le vrai problème : c’est pas tant la technologie (les lunettes auront leur public, la search IA est objectivement pratique). C’est le verrouillage. Chaque couche d’IA qui s’installe dans ton quotidien est une couche supplémentaire de dépendance à Google. Et Pichai le sait. Il le dit même, entre les lignes : l’anxiété, c’est normal. Mais tu t’y feras. Parce que c’est plus facile. Parce que tout le monde le fait. Parce qu’on n’a pas le choix.
En clair : Google te refile le même poison que les réseaux sociaux (de la commodité addictive) mais en version augmentée. Le mode d’emploi est simple : ferme les yeux, ouvre-les, Google est là. Et si tu veux te rebeller, il te faudra des lunettes encore plus puissantes pour voir l’arnaque.
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