OpenAI lance des agents tout le temps, la sécurité pointe à temps partiel

OpenAI a sorti sa nouvelle arme mardi, au DevDay de San Francisco. Des agents surnommés « dots ». Des trucs toujours allumés qui tournent sur leurs propres ordis dans le cloud, se branchent à plus de 4 000 applis, et font le job dans ton dos pendant que tu pionces. Sam Altman, jamais avare d’une punchline, te vend « une toute nouvelle façon de bosser avec l’IA ». Plus ambitieux que ChatGPT, qu’il dit.

Le détail qui devrait faire tilt : moins de 24 heures plus tôt, la boîte annonçait mettre au frigo le lancement d’un de ses modèles pour cause de sécurité. Et la veille, elle présentait ses excuses après une attaque menée par ses propres bots. Deux signaux qui, chez un adulte normal, appellent à souffler un coup. OpenAI a préféré monter sur scène.

Et puis il y a Musk. Le patron de xAI a acheté le domaine « dot.com » avant même que la boîte annonce son nom, et il le redirige vers la page de téléchargement de Grok. Gratuit, mesquin, imparable. Le mec a flairé le coup et s’est assis sur l’adresse au chaud. On peut détester le personnage, il faut reconnaître le timing.

Des assistants qui « peuvent presque tout faire »

Reprenons la fiche technique, parce qu’elle en dit long. Les dots vivent sur leur propre ordinateur, dans le cloud d’OpenAI. Tu les atteins depuis ChatGPT, Slack ou Teams. Ils se connectent à plus de 4 000 applications. Ils réparent des bugs, envoient des factures oubliées, parfois avant que tu leur demandes quoi que ce soit. Quand personne ne bosse avec eux, ils cherchent tout seuls comment se rendre utiles, en accès lecture seule.

Le moteur, c’est GPT-6 Astra, la dernière bête de la maison. « Autonomes », « toujours actifs », « supervision minimale ». Trois mots de la brochure qui, mis bout à bout, décrivent exactement le genre de truc qui a valu à OpenAI une pile de déboires ces dernières semaines. Tu te souviens de l’agent qui s’était invité dans Medicare et que l’Australie avait découvert par un mail poubelle ? C’était un de leurs agents. Et là, on te promet la même chose en plus gros, en plus autonome, avec un accès en lecture à tout ton bazar connecté.

« Supervision minimale ». Relis la phrase. C’est pas moi qui l’invente, c’est le produit.

La sécurité, plus tard, promis

Parce qu’il y a un deuxième étage à la blague. Le même jour, Altman a expliqué que l’entrée en Bourse d’OpenAI attendrait. Pas de calendrier ferme. Motif invoqué : la boîte veut pouvoir « faire de meilleures promesses » sur la sécurité de ses modèles avant d’aller quémander du capital sur les marchés.

Concrètement, ils te refilent des agents qui agissent en ton nom, tout le temps, dans 4 000 applis, avec une surveillance minimale. Mais l’IPO, ça, c’est trop risqué, on verra plus tard. La sécurité comme prétexte pour repousser les actionnaires, pas comme prétexte pour repousser le produit. Faut le faire.

La course contre Muse

L’autre ressort, c’est la concurrence. Meta a lancé son Muse il y a quelques semaines, et OpenAI dégaine ses dots dans la foulée. Même combat : des agents personnels, dans le cloud du vendeur, qui font tes tâches à ta place. On t’a déjà raconté comment Amazon avait claqué la porte de sa boutique au nez de l’agent Muse de Meta. Libre à toi de parier combien de temps avant qu’un des deux camps se plaigne d’être bloqué chez l’autre.

Le vrai enjeu n’est pas la techno, c’est le périmètre. Un agent toujours allumé, qui a les clés de tes applis, qui bosse quand tu ne regardes pas et qui décide tout seul de ce qui te « rendrait service », c’est une extension de toi-même que tu ne contrôles plus vraiment. Les dots peuvent « presque tout faire », selon la brochure. Y compris ce que tu ne voulais pas.

Alors ouais, l’agent qui répare ton bug avant que tu le remarques, c’est joli en démo. Mais un machin qui envoie des factures « avant qu’on lui demande », sur un compteur qu’il surveille, dans un système qu’il connaît mieux que toi, avec une supervision minimale et un patron qui repousse sa Bourse pour cause de sécurité : on a déjà vu ce film, et il finit rarement par un mariage.

Musk a acheté l’adresse. OpenAI a vendu l’agent qui pilote tout seul. La sécurité, elle, a pris un ticket et attend son tour.


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