Le paradoxe Nvidia : 120 milliards de profit, mais le marché a les chocottes

120 milliards de profit sur un an. Soit plus que le PIB du Koweït, assez pour acheter la Ligue 1 française 25 fois, et de quoi faire passer les pertes trimestrielles d’OpenAI pour un découvert bancaire de lycéen. Nvidia est une machine à cash qui a trouvé le Saint Graal : vendre des pioches aux chercheurs d’or de l’IA. Alors pourquoi les actions ont-elles tremblé après l’annonce des résultats ? Parce que le marché, ce vieux parano, a peur que la mine s’épuise.

Les chiffres qui donnent le tournis

Quatrième trimestre 2025 : 68 milliards de chiffre d’affaires, +73% sur un an. Le segment data center à lui seul, 62 milliards, dont 51 milliards pour les GPU. L’année entière 2024, 120 milliards de profit net. Quand Jensen Huang, le patron, sort ses graphiques en cuir, c’est pas pour faire joli. Le gars pourrait littéralement brûler un milliard par mois et tenir dix ans. Mais voilà, Wall Street n’est jamais content. Les résultats ont fait plonger les indices tech en début de journée avant un léger rebond l’après-midi, aidé par des rumeurs de détente diplomatique US-Iran. Parce que oui, dans ce monde de dingue, la peur d’une guerre au Moyen-Orient rassure plus que les bénéfices records d’une boîte qui vend des puces.

Le « AI scare trade » en pleine lumière

Le phénomène a un nom : le « AI scare trade ». En gros, les investisseurs se disent : « Nvidia cartonne, mais est-ce que toute cette hype IA n’est pas une bulle ? » Ils regardent les pertes abyssales d’OpenAI (12 milliards par trimestre, rappelle-toi), les levées de fonds délirantes chez Anthropic, les promesses non tenues de Tesla sur le robotaxi, et ils se demandent si la demande en compute peut tenir. La guidance de Nvidia pour le trimestre en cours est à 78 milliards de CA, encore en hausse, mais le marché flaire l’air du temps. Et cet air, il sent le café brûlé des réunions où on se demande comment monétiser tout ce foutoir.

Les vrais risques : la concurrence et le mur de la réalité

AMD et Intel se réveillent, Google développe ses TPU, Amazon ses Trainium, et même Microsoft bidouille des ASIC maison. La domination de Nvidia n’est pas éternelle. Surtout, à un moment, les boîtes qui claquent des milliards en GPU vont vouloir des retours sur investissement. Et là, le paysage est mité. Combien de startups IA ont un business model viable ? Combien de projets corporate aboutissent à quelque chose de concret ? Les « agents » qui plantent, les modèles qui hallucinent, les régulateurs qui se réveillent… La demande en compute est réelle, mais elle repose sur une pyramide de promesses. Si un étage craque, Nvidia prend l’ascenseur pour la cave.

Jensen Huang, le dealer le plus riche du monde

Il faut rendre hommage à Jensen. Le mec a transformé une boîte de cartes graphiques pour gamers en dealer officiel de l’IA. Il vend la drogue (les GPU) à tout le monde, des géants tech aux labos de recherche, et s’en met plein les poches. Mais même le dealer le plus astucieux sait que si ses clients font une overdose de dette ou se prennent une descente de police (régulateurs), son business prend un coup. Nvidia a construit un empire sur la course aux armements de l’IA. Le problème, c’est que les guerres finissent un jour, ou deviennent trop chères.

Conclusion : la fête continue, mais la gueule de bois guette

Pour l’instant, Nvidia imprime de l’argent. Les résultats sont stratosphériques, la demande tient, et Jensen a encore de la marge. Mais les frissons en Bourse sont un rappel : même la machine la plus huilée n’est pas à l’abri d’un retour de bâton. L’IA a besoin de Nvidia, mais Nvidia a besoin que l’IA tienne ses promesses. Et pour le moment, entre les modèles qui génèrent de la pédopornographie, les agents qui réserveront ton vol à Brest, et les boîtes qui brûlent du cash sans voir le bout, le compte n’y est pas. Alors profite du spectacle, mais garde un œil sur la sortie de secours. Parce que quand la musique s’arrêtera, il y aura moins de chaises que de milliardaires en sueur.


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