Le SEO se met au régime IA et personne n’est content

La nouvelle mode, c’est le SEO pour IA. Ou comment réécrire ton site web pour qu’un chatbot te cite, plutôt qu’un humain te clique. La BBC a repéré le truce ce matin, et si t’as raté le fil, c’est simple : les boîtes changent la façon dont elles présentent leurs infos en ligne, histoire de se faire remarquer par les moteurs de recherche IA. Sur Hacker News, l’article a fait un flop monumental — 2 points, 0 commentaires — ce qui en dit long sur l’enthousiasme du secteur tech pour cette nouvelle couche de bullshit.

Là où avant tu optimisais pour Google, maintenant tu optimises pour ChatGPT, Gemini ou Copilot. Le principe ? Ces IA résument des pages web pour répondre aux requêtes des utilisateurs, sans forcément les rediriger vers la source. Du coup, les entreprises paniquent : si ton contenu est trop long, trop technique, ou pas assez digest, l’IA va soit l’ignorer, soit le résumer à ta place… et t’oublier au passage. Alors elles simplifient, elles synthétisent, elles formatent. Tout ça pour qu’un bot te donne une médaille virtuelle.

Le truc, c’est que ça pue le désespoir à plein nez. Les marketeux doivent justifier leur salaire en inventant une nouvelle métrique — le « AI visibility score » ou un truc du genre. Et les développeurs roulent des yeux en découvrant qu’ils doivent refactoriser des sites entiers pour plaire à une intelligence artificielle qui, rappelons-le, a tendance à halluciner des faits à tour de bras. Et au milieu, l’utilisateur final ? Il se tape des réponses toujours plus lissées, toujours plus génériques, parce que la diversité des sources se noie dans l’optimisation.

Parlons de ces IA, justement. ChatGPT qui invente des études, Gemini qui réécrit l’histoire, et Copilot qui te sort du code foireux. Tu vas vraiment leur faire confiance pour juger de la qualité de ton contenu ? Autant demander à un enfant de 5 ans de noter ta thèse de doctorat. Sauf que là, l’enfant a accès à toute la connaissance humaine… et décide de tout résumer en trois phrases plates.

Et puis, il y a l’ironie suprême. Les mêmes entreprises qui pleurent parce que l’IA ne les cite pas assez sont celles qui ont passé la dernière décennie à pourrir le web avec du contenu SEO-friendly, vide de sens mais bourré de mots-clés. Maintenant que les règles changent, elles braillent. La boucle est bouclée : elles ont créé le monstre, et le monstre les bouffe.

Sur Hacker News, le silence est éloquent. 2 points, 0 commentaires. Soit tout le monde s’en fout, soit tout le monde est trop occupé à réécrire son blog pour plaire à GPT-5. Dans les deux cas, c’est triste. Parce que derrière cette course à l’optimisation, c’est tout le web qui risque de devenir encore plus aseptisé. Moins de détails, moins de nuances, moins de sources multiples — juste ce qui passe bien dans un résumé IA.

Alors, est-ce que ça vaut le coup ? Pour les entreprises, peut-être à court terme. Mais pour nous, les lecteurs, les chercheurs, les curieux ? C’est une régression. Tu te souviens du web des années 2000, bourré de passionnés qui écrivaient des trucs longs, techniques, imparfaits ? Maintenant, on se dirige vers un web où tout est calibré pour être digéré par une IA, puis resservi en bouillie. L’assistant devient le juge, et le juge a des goûts de bouillie.

La suite ? Les entreprises vont payer pour être citées par les IA. On aura des « sponsored answers » dans les chatbots, et tu te demanderas pourquoi toutes les recommandations de restaurants pointent vers les mêmes chaînes. Le cycle est toujours le même : on invente un outil, on le corrompt avec de l’argent, et après on se plaint que ça marche plus. Bienvenue dans l’ère du SEO-IA, où tout le monde perd sa dignité, et personne ne gagne en visibilité.


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