Dire blanc et noir, c’est le sport national du secteur tech, mais là on atteint des sommets. LinkedIn — propriété de Microsoft, qui balance des milliards dans l’IA — sort une étude pour nous rassurer : « L’IA n’est pas responsable du déclin des embauches ». Pendant ce temps, la BBC rapporte que des gamins sont tellement harcelés par des outils d’IA qu’ils doivent quitter leur île. Deux réalités qui cohabitent dans le même univers, mais visiblement pas dans les mêmes PowerPoint.
Commençons par LinkedIn, parce que c’est du grand art. L’entreprise — rappelons-le, un réseau social professionnel qui vend tes données et ton attention — publie des chiffres : les embauches ont baissé de 20% depuis 2022. Normal, me diras-tu, avec l’explosion des annonces « on remplace nos juniors par des agents IA ». Eh bien non, selon eux. La faute aux taux d’intérêt élevés. L’IA, cette douce créature, n’y est pour rien. C’est mignon, cette défense en règle. Surtout quand tu vois le nombre de posts LinkedIn vantant « Comment j’ai automatisé 80% de mes tâches avec ChatGPT ». Mais bon, faut pas mélanger les torchons et les serviettes. Les taux d’intérêt, c’est sérieux. Les promesses de licenciements massifs grâce à l’IA, c’est juste du vent marketing.
Sauf que pendant ce temps, il y a des vrais gens qui trinquent. La BBC rapporte que des enfants subissent un impact « massif » du harcèlement par IA. Tellement massif que certains sont forcés de quitter leur île. Tu imagines ? T’as 14 ans, tu te fais pourrir par des bots génératifs 24h/24, et ta seule issue c’est l’exil. La police confirme. Mais LinkedIn, lui, il regarde ses courbes et ses corrélations. « Rien à voir, circulez. »
Le vrai problème, c’est pas que l’IA soit responsable de tout ou de rien. C’est cette schizophrénie institutionnelle : on nous vend l’IA comme une révolution bienveillante qui va nous libérer des tâches ingrates. Pourtant, on ignore royalement les dégâts collatéraux — ou pire, on les nie — jusqu’à ce qu’ils fassent les gros titres. LinkedIn se pose en expert économique, mais quel crédit accorder à une plateforme qui tire ses revenus de la précarisation professionnelle et du personal branding désespéré ?
Et pendant ce temps, les gosses fuient. Pas des chiffres, pas des pourcentages. Des gamins. L’IA de harcèlement, elle, elle est bien réelle. Elle s’appelle peut-être pas Copilot ou Gemini, mais elle existe. Elle génère des insultes, des deepfakes, des menaces. Elle pousse des ados à l’exil. Mais ça, c’est pas dans les slides de LinkedIn. Ça fait pas vendre d’abonnements Premium.
Du coup, quelle solution ? On écoute les experts en costard qui nous expliquent que tout va bien, que l’IA c’est l’avenir, qu’il faut juste être patient ? Ou on ouvre les yeux sur les dégâts actuels, concrets, violents, qui n’ont rien à voir avec les taux d’intérêt ?
La prochaine fois que tu verras un post LinkedIn sur « les opportunités de l’IA », pense à ces gosses qui quittent leur île. Pense au fossé entre les discours lisses et les réalités sales. Et demande-toi qui, vraiment, est en train de raconter des histoires.
Parce que l’IA, elle, elle s’en fout. Elle génère du texte, des images, de la merde. C’est nous qui décidons quoi en faire. Et pour l’instant, le bilan est mitigé : on licencie pas encore à cause d’elle. En revanche, on harcèle des enfants jusqu’à l’exil. Belle progression.
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